‹ Les Ruines libérales [microforme]Chapitre 39 sur 72 · Que la négligence même du Lt.-Gonverneur · texte numérisé non relu

Que la négligence même du Lt.-Gonverneur

20. Qu’une tentative de sa part de retirer déloyalement la parole donnée.

Il ne nous reste plusqu’à examiner brièvement les autres griefs exposés par le lieut. gouverneur dans son mémoire. Il n'yena pas un qui soit sérieux. Nous prenons au hazard :

10 A la date du 6 novembre dernier, j'adressai à l'Hon. M. DeBoucherville la lettre dont suit copie :

(Personnelle.) Québec, 6 novembre 1877. & L'Hox. C. B. DEBOUCHERVILLE, Premier, etc. etc.

« Mon Cher DeBoucherville,—La dernière Gazette Officielle publie sous ma « signature deux proclamations que je n'avais pas signées.

« L'une est pour la convocation des Chambres, et je l’avais réservée pour “ vous en parler ; l’autre, que je n’ai pas même vue, fixe un jour d'actions «“ de grâces.

« Ces procédés, que je ne qualifierai pas, produisent, en outre de leur ‘“ inconvenances, des nullités que vous comprendrez facilement.

« Bien à vous, « (Signé,) LETELLIER.”

Voici les notes que j'ai prises de ma conversation avec M. DeBoucherville à ce sujet :

« M. DeBoucherville est venu le même jour qu'il a reçu cette lettre pour “me dire qu'il regrettait que la chose fut arrivée, et qu’il n'y avait pas de sa U faute. J'acceptai cette excuse, et je lui dis alors que je ne tolèrerais pas que « l’on se servit de mon nom lorsqu'il serait nécessaire à aucun acte de mon « office, sans que lon m’eût soumis les documents que nécessiteraient ma « signature et sans que l'on m'eut donné des informations. M. DeBoucher- “ ville m’assura que ceia serait fait à l'avenir.

« (Signé,) L. L.”

Nous avons nos doutes sur ces notes; car nous sommes certain que l’Hon. M.-DeBoucherville ne s'est pas excusé 1: 6 novembre d’avoir publié par erreur une proclamation con )quant les chambres, qui n’a paru que le 94 novembre.

Il n’y a, cependant, rien de plus vrai : la première publication de l'annonce appelant les chambres pour la dépêche des affaires s’est faite dans la Gazette Officielle du 24 novembre. Si le Lt. Gouverneur veut parler de Pannonce banale (ne pas confondre avec blanc-seing banal et serment banal) qui parait d'une anuée à l’autre, lorsque les chambres ne sont pas convoquées, nous lui souhaitons bien du bonheur ; mais il ne se fera pas prendre au sérieux, car cette proclamation qui est une simple affaire de forme, moins importante que la moindre petite besogne de département, n'exige pas l'autorisation du Lt. Gouverneur.

Quant à la Proclamation pour le jour de grâces, il doit anssi yavoir erreur. Ce jour d'actions de grâces, qui avait été choisi de concert avec le gouvernement d'Ottawa, n’a pas été décidé sans un orcre en conseil et si le Lt.-Gouverneur n'avait pas signé l’ordre en conseil, Les employés n'auraient pas lancé la proclamation. Que l’on remarque bien qu’à partir du moment où l’ordre en conseil est adopté par le gouvernement, le restant de la besogne est à la responsabilité des employés qui complètent la procédure.

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