LE PACIFIQUE
Le nom rappelle la grande entreprise à laquelle les provinces de Québec et d'Ontario s’intéressent à un si haut degré, Deux hommes d’un talent immense Sir G. E. Cartier et Sir John McDonald, après l'avoir longtemps étudié avaient éla-
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boré un projet de hemin de fer du Pacifique admirable par sa simplicité et conçu de façon à rendre justice aux deux provinces d’'Ontario et de Québec. D’après ce plan, le point de départ du Pacifique était fixé au sud-est du lac Nipissingue, à un endroit auss* favorable à Toronto qu'à Montréal et à Québec, Il se dii,geait ensuite par le norû en traversant une zône d'une grande fertilité.
Pour réaliser son projet, le gouvernement conservateur ofirait à une compagnie qui se chargerait de construire le chemin, un subside de 30 millions de piastres et 50 millions d’acres de terre situées le 1ong de la ligne, le gouvernement se réservant un lot de terres à côté de éhaque qu’il donnait à la compagnie. Celle-ci devait trouver à l'étranger le reste de l'argent nécessaire à la construction du chemin au moyen de Fr HU garanties par les terres et le chemin. (Voir Statut 1872).
A ia place de ce plan si simple M. MacKenzie a substitué un projet ou plutôt des projets car il en a changé au moins trois fois, d’une grande difficulté d'exécution et devant entrainer des dépenses d'au moins 180 millions. Jusqu'ici l’exécution de ce projet n’a amené qu'une série d,échecs et de spéculations ‘gigantesques tels que le pays n’en avait jamais vus. Chaque pas du gouvernement a été marqué par des bévues auxquelles les spéculations vérenses n’ont pas été étrangères. Mais avant de mettre à nu ces fraudes, voyons ie premier plan de M. MacKenzie. Ce plan, nous le trouvons exposé dans son discours de Sarnia en 1873, c'est celui qui est connu sous le nom de Plan des nappes d’eau des water stretches. TL consistait à construire une voie de communication moitié par eau moitié par terre. C'était un plan ridicule qui nous donnait une voie fermée pendant huit mois de l’année et qui aurait coûté plus qu’une voie ferrée continue. Voici la partie de son discours qui expose son plan du Pacifique :
‘ Dans le but d'obtenir de rapides moyens de communication à travers le continent, et pour faciliter la construction du chemin lui rême, ce sera la politique du gouvernement
d'utiliser comme moyen de communication les inimenses nappes
d'eau qui s'étendent depuis un point non loin des Montagnes- Rocheuses et le fort Garry et entre le lac Snpérieur et la Rivière Française sur la Baie Georgienne et éviter ainsi la construction de 1300 de chemins de fer qi aurait coûté de 60 à 80 millions ; ôn formera ainsi une ligne complète de communication par eau ét par Chemin de fer entre l'Est et. l'Ouest.”
De suite, il voulut se mettre à l’æavre avant d'avoir fait étudier le pays que le chemin devait traverser. Il donna un un contrat pour l’embrauchement de la Baie Georgienne depuis un poiut à + milles au sud du lac Nipisingue jusqu'à la Baie Georgienne. D'un autre côté, il donna ordre de ronstruire, sans demander de soumission, une ‘écluse au Fort Francis. La presse conservatrice attaqua vivement le plan des water stretches, et s'attacha à démontrer l’absurdité palpable de faire un chemin qui serait fermé huit mois de l’année. A la session de 1874, M, Masson fit remarquer à M. MacKenzie que d’après les ingénieurs, le pays où il voulaii faire passer le chemin de la Baie Georgienne était pressque impraticale, M. MacKenzie passe outre, donne le contrat à son ami Foster, celui auquel il doit le pouvoir. Une majorité servile approuve le tout. L'année suivante, M. Mackenzie apprend à la Chambre que le contrat Foster n’existe plus et à la dernière session, la Chambre apprend que le chemin de fer de la Baie Grorgienne est abandonné. Cette entreprise manquée à coûté au pays $109,000, mais il fallait récompenser Foster. Allons plus loin, à l’écluse du fort Francis. Le gouverneur néglige encore de se renseigner, Je construit cette écluse pour réunir les eaux du lac des milles lacs et de la rivière à la pluie et il découvre plus tard que cette écluse est appelée à mettre de niveau deux points entre lesquels il y a une différence d’attitude de 400 pieds, chose impossible. On s'aperçoit que le tracé de water s'retches est une absurdité, l'on se décide à faire une voie ferrée continue qui passe à près de 100 milles au nord de l’écluse du fort Francis. On n’en continne pas moins l'écluse qui devra coûter 8500,000 ; c'est une perte complète.
Nous avons vu ce que devait coûter le plan de Cartier au Canada. Il nous reste à savoir ce que lui coutera celui de M. MacKenzie. Sur ce point, écoutons le témoignage du premier ministre lui-même. Dans son discours-programme de Sarnia il disait en parlant des nappes d’eau : 4 Par ce moyen, nous éviterons la construction de 1300 milles de cheman dot le coût est estimé de 60 à 80 mi//ions de piastres.” Ceci nous donne une base pour calculer. Si 1300 milles doivent coûter 60 millions, 2,700 longueur totale du chemin depuis Nipissingue è l'océan Pacifique coûteront $150 mitlions d’après l'estimation la plus base du premier ministre, mais devra coûter en réalité au moins 180 millions.
Remarquons que Cartier en faisant construire le Pacifique par une compagnie à laquelle il donnait $30 millions de piastres et 50 millions d'â:res de terres, voulait permettre a celle-ci d'attirer à son secours les cap taux étrangers, ce qui
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serait arrivé si le Globe et les agents américains n'avaient pas: déprécié notre pays en Angleterre pour faire manquer le projet C'était le plan de Sir George, plan qui devait coûter e moins car comme le constate une motion présentée à la chambre le gouvernement s'engageait à ne pas augmenter les charges du pay; pour construire Ce chemin.
Qu'on étudie les deux projets et l’on verra quel mal incaiculable les rouges et Les grits ont causé au Canada en faisant manquer le projet de Sir George et en lui substituant le projet que M. MacKenzie même ne parait pas encore bien. comprendre.