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LES RAILS D'ACIER

Au prirtemps de 1875. M. Mackenzie, auquel personne ne: niait le titre d’homine pratique voulut donner une preuve de son savoir-faire. Sans consulter le Parlement, sans se demander s’il en aurait besoin, il achète 50,000 tonnes de lisses d’acier pour le chemin du Pacifique, alors que le marché était. à la baisse, les prix diminuant d’un jour à l’autre. Comme il n’en avait nul besoin, il tit empiller cette immense quantité de lisses à Lachine, à fort William et jusque dans la Colombie Anglaise. La plus grande partie est encore sur trois points du pays. On en a posé :0,000 sur l’'Intercolonial sans l’autorisation du Parlement, parcequ'on ne savait qu’en faire. Le pays apprit avec étont.ement, cette gigantesque bêtisse du Premier ministre qui achetait à la baisse pendant qu'il n’eu avait nul besoin et faisait perdre plus d’un million et demi dans cette transaction. Laissons parler sur ce point le Dr. Tupper. Le 22 Avril 1877, dans un discours sur le Pacifique, il disait: ‘Je trouve que l'intérêt sur le prix de ces lisses. $2,928,000, sans y comprendre $48,666 pour transport à l'ile Vancouver, s'élève à plus de $146,274, dont le premier paiement est devent. payable le 5 Nov. 1875. Ainsi depuis cette date, le pays a à payer $146,274 d'intérêt annuel. Je vais haintenaut montrer à quel prix ces rails auraient pu être acheté à l'heure qu’ilest. Je puis prouver par une personne ayant une grande expérience dans la matière, que des rails d'acier de première qualité, ont été livrés l'été dernier à Prescott au prix de £7.15 s'g. {837.711 Le fret de Montréal à

Prescott était de $1.71. En le déduisant du coût total des rails, on trouve que la valeur des rails livrés à Montréal était en 1876 de 836, des rails semblables à ceux que le gouverne: ment a achetés et venant des mêmes fabriques. D'après le rapport soumis à la Chambre, les 50,000 tonnes de rails nous ont coûté $2,925,896 ou $5°,08 par tonne, pendant qu’on peut acheter aujourd’hui les mêmes rails à $36, soit une différence dé $23.08 par tonne. Le gouvernement aurait donc payé cette année $81,800,000 ax lieu de $2,925,000, ce qui nous donne une perte de $1,125,896 sur le prix desrails. Ajoutons à cette somme $219,441 d'intérêt dû et payable le 5 Mai (1877) prochain et l’on verra qu'il résulte de la transaction une perte nette de $,345,337 IL faut y ajouter le transport à l’île de Vancouxer 48,666 ; le transport dans l’intérieur du pays, $222, 884 et on arrive à une perte totale de $1,616,889.”

Au témoignage du Dr. Tupper, ajoutons celui d’une autorité, M. Brydges qui a déclaré qu'il était insensé d’acheter pendan! que le marehé était à la baisse.

‘ Ilest hors de doute qu’à la fin de 1873 et du commencement de 1874, le marché des rails d'acier était à la baisse, et que nul homme prudent ne devait acheter à moins qu'il n'eut besoin de rails pour un usagé immédiat.”

On peut juger cette monstrueuse affaire qui n’est pas seulement une bévue mais qui a été faite pour enrichir un frère de M. Mackenzie associé de la maison Fairman, Cooper & Co., maison qui a été favorisée outre mesure dans cette fameuse spéculation. M. Mackenzie a nié que son frère fit partie de cette maison à l’époque de la transaction, mais il a été prouvé par un document déposé au greffe de Montréal que la dissolution de société n'eut lieu q’une fois la spéculation terminée.

Il a été également prouvé que cette maison Fairman, Cooper & GCo., a :eçu le contrat pour le transport des rails bien qu’elle n’eut pas soumissionné, et cela à des prix plus élevés que ceux demandés par les personnes qui avaient envoyé des soumissions au gouvernement. C’est là un fait grave, très grave, mais qui palit devant la gigantesque et sale opération qui a fait perdre au pays plus d’un million et demi.

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