OBSERVATION XIX
SreirnrorrH. — Zentralblatt für Gyn., 1930, p. 517.
Antécédents. — En 1926, césarienne cervicale pour bassin rétréci.
La femme ne peut donner aucun renseignement sur les suites opératoires de cette intervention.
La rupture. — Le 1e mai 1929, 18 femme âgée de 22 ans, et ayant toujours présenté un bon état général antérieur, entre dans le service à nouveau enceinte. Elle a perdu un peu de sang son médecin pensant à la possibilité d’un P. P., lui a conseillé de se faire hospitaliser. D. R. : 8 septembre, mais moins abondantes que d'habitude. La grossesse a évolué normalement sauf quelques vomissements au début de eelle-ci. À l'examen, femme de petite taille, tête et thorax ne présentant aucune particularité spéciale. Cicatrice abdominale pigmentée, irrégulière, ne semblant s'être refermée que secondairement. Tête en bas débordant largement. B. d. C. normaux, T. R. bassin vide, promontoire non atteint. La femme ne présente pas de douleurs, lhémorragie a cessé.
On procède à une surveillance attentive à cause de la césarienne antérieure et de la possibilité d’un P. P. Dans les semaines suivantes, la femme se plaint de quelques douleurs dans le dos et de tiraillements dans les flancs. La palpation de la cicatrice abdominale provoque une douleur sourde. Par contre, il n’existe pas de douleurs spontanées au niveau du bas ventre.
Le 20 juin, la femme présentant des douleurs analogues à celle de l’aceouchement, est transportée à la salle de travail. Elle se plaint de douleurs au niveau de la cicatrice abdominale. Injection d'Holopon : la malade dort toute la nuit. Le 21 juin, les douleurs de travail ne sont pas plus fortes. Toucher vaginal : vagin manquant quant de souplesse, excavation large, col admettant un doigt, tête mobile au D. S. poche des eaux intacte. On pratique de petites injections d’hypophyse pour déclancher le travail. Les douleurs deviennent beaucoup plus fortes en particulier au niveau de la symphyse. Etant donné que la tête déborde toujours, on décide d'intervenir immédiatement par voie haute.
Incision verticale de la paroi abdominale où l’on constate des traces d'infection. Ouverture du péritoine. On constate l'existence de deux tractus d’adhérences entre l’utérus et la paroi abdominale. Ïl existe une déhiscence de la paroi utérine antérieure longue de 7 centimètres, large de 4 centimètres, d’où saille légèrement la poche des eaux. On élargit cette déhiscence et l’on sort un enfant
BEUNRU D NAT
vivant pesant 4 kilogs 150. Hypophyse. Ablation du placenta. On constate que la tranche utérine saigne peu.
Avivement des bords de la rupture, suture utérine au catgut, suture abdominale en trois plans.
Suites opératoires idéales.
Examen histologique d’un fragment des bords de la cicatrice. La musculature utérine fait place, au niveau de la cicatrice, à un tissu richement vascularisé avec fibres musculaires très épaisses. Latéralement existe un épithélium cylindrique haut analogue à celui de la muqueuse utérine.
Analyse. — Les circonstances de la rupture sont Îles suivantes. Elle est survenue après un travail prolongé et artificiellement modifié. Pendant 24 heures, les contractions utérines ont été arrêtées par un produit opiacé. Au bout de 24 heures, le travail fut accéléré par des petites imjections répétées d’hypophyse.
La rupture paraît avoir été strictement segmentaire et n’était pas encore intra-péritonéale au moment de l'intervention.
De l’examen histologique succinet relaté, il convient d’insister sur une constatation intéressante : l’inclusion dans la cicatrice, à côté de fibres musculaires éparses, de cellules endothéliales. La disposition de celles-ci paraît être quelque peu apparentée avec les cicatrices rendues moins résistantes par « entonnoir de muqueuse ».