IV. -— ASPECT MACROSCOPIQUE DES BORDS DE LA RUPTURE
Le plus souvent, les bords d’une rupture de cicatrice de césarienne basse sont épais, et hémorragiques, donc peu différents, du moins en apparence, de ceux d’une hystérotomie. Nous avons retrouvé cet aspect dans 21 cas. Cet aspect s’observe d’ailleurs surtout dans les ruptures segmento-corporéales.
Plus rarement, l’aspect des bords de la rupture est tout différent. Ces bords sont le siège d’une amincissement progressif, ils sont parfois même fibreux, complètement exsangues, comme si le stade de rupture avait été précédé d’un long stade d’amincissement et de dilacération progressive de la cicatrice. Nous en avons retrouvé 5 cas.
De ces cas, il convient d’ailleurs de rapprocher les amincissements pellucides qui présentent des caractères analogues. D'ailleurs, comme nous l’avons vu, il est souvent difficile de préciser la nature exacte du voile transparent obturant la rupture et par conséquent impossible d'établir macroscopiquement s'il s’agit d’un simple amincissement pellucide ou d’une rupture complète, mais couverte.
Ainsi que nous le verrons dans le chapitre de la clinique,
Bay
ces ruptures scléreuses ont unesymptomatologie peu bruyante et 1l est souvent impossible de préciser le moment exact de leur constitution. Il semble même d’ailleurs parfois que la rupture n’a pas été une rupture d'emblée, mais une rupture en deux. temps », voire même une rupture progressive. Il faut se souvenir en effet du mécanisme d’ampliation du segment inférieur qui se constitue non pas seulement pendant le travail, mais également pendantl es dernières semaines de la grossesse, sous l'influence des contractions utérines indolentes et du développement du pôle inférieur de l’œuf. Cette amorce de constitution du segment inférieur pendant les dernières semaires de la grossesse est certes moins marqué chez les multipares chez que les primipares, elle n’en existe pas moins chez toute femme au voisinage du terme, et il est logique d’admettre qu’elle peut intervenir dans la production des- ruptures utérines. Telle était l’opinion des Docteurs Ravina et Mayer dans les observations 1 et 32.