‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 25 sur 91 · LA RECONNAISSANCE DES THÈMES · texte numérisé non relu

LA RECONNAISSANCE DES THÈMES

cet équilibre, dont l'harmonie qui est en nous ne se passe pas.

Ces faux sont les vices irrémédiables de la construction musicale. Mais ces faux, on le voit, ne peuvent être faux ou pas faux au moment où on les entend. Ce qu’on a déjà entendu ne peut servir à déterminer si ce sont des faux ou non. Ce qui semble faux peut n'être qu’une agitation brusquement introduite.

On ne saura si c'était vraiment faux que plus tard, quand on verra que rien ne vient correspondre à ce qui a été introduit; quand tout sera terminé, et pourtant rien n’aura ramené à la quiétude les agitations créées par tel élément. Alors (après, et non avant) le caractère de cet élément apparaîtra, d’être un vice de la construction musicale.

Or, la musique peut évoluer, et balayer de siècle en siècle les faux d'école, résultats d’une science hâtive. Ï1 ne semble pas qu’elle changera jamais rien à ces faux qu’interdit le principe de dissymétrie; et en fait, de Pindare à Strawinski, il semble bien qu’elle n’y ait rien changé. Nous sommes arrivés à ces considérations, uniquement en ayant sous les yeux des graphiques de musique moderne; et assez ignorants, à ce moment-là, de ce que pouvaient être les faux dans la musique de Pindare. Nous avons vu depuis que c’étaient les mêmes, comme on l’eût prévu a priori.

4. Le problème de la reconnaissance des thèmes. — Dans ce cycle qui s’ouvre et se referme, les correspondances de nature symétrique que nous venons de

er: Ec

ÉLÉMENTS D’ANALYSE MUSICALE reconnaître, impliquent que deux images symétriques, deux éléments en correspondance, sont reconnus comme deux aspects du même.

Il y a donc, dans l’évolution continuelle de la matière musicale, dans ce grand cadre de la symétrie qui est un des aspects de l’unité, il y a des permanences, des choses qui tout en changeant continuellement de forme, gardent aussi un noyau qui est reconnu toujours comme le même.

L'idée de symétrie ne nous amènerait pas immédiatement devant ce noyau, que l’expérience musicale nous y ramènerait sans cesse. Les leit-motifs de la musique wagnérienne ne font qu’insister sur ce que toute musique laisse voir. Les deux thèmes de la forme sonate, le thème unique de la forme fugue, les, thèmes et variations, sont autant de retours à la même question.

On voit des formes musicales très variées à première vue, se faire reconnaître pour des aspects du même contenu.

Un double problème se pose : quelles sont les transformations que peut subir une forme musicale, sans. cesser de contenir le même noyau; ensuite, une fois ce noyau séparé de ses brillants accidents, l'étudier: lui-même.

5. Aspect numérique du noyau invariant des trans-formations. — Nous allons chercher aussitôt, pour éclaircir la question, une représentation numérique: du noyau.

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