‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 48 sur 91 · SE · texte numérisé non relu

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CLASSIFICATION DES RYTHMES DU FRANÇAIS

parce qu’on n’avait jamais eu qu’une conscience extrémement confuse des rythmes toniques du français. Les métriciens ne les remarquaient pas. Ceux même qui s’en servaient le mieux, comme Rousseau, le faisaient sans le savoir. Mais, en 1925, la possibilité de ces rythmes a été montrée sur des exemples : des rythmes toniques conscients, des « vers ». Il ne s’agissait pas de poésie : les vers sont par définition les seuls êtres de rythmes qui peuvent s’en passer. Il s'agissait de montrer qu’on peut faire, en français tout aussi bien qu’en allemand, des vers dits « en mètre antique » *?.

B) En « prose » nous avons montré souvent des exemples de rythme tonique prédominant. Ainsi, cette phrase de Chateaubriand : « Le désert déroulait maintenant devant nous ses solitudes démesurées >, 293949’, est de rythme tonique.

3° Rythmes de timbres. A) En « vers », ces rythmes s’accrocheront nécessairement à quelque prétexte arithmétique. Pur prétexte! leur prédominance n’en sera pas moins frappante, comme dans cette première strophe des Djinns, de Victor Hugo (Orientales) Murs, Ville, Et port, Asile, De mort, Mer grise, Où brise, La brise, Tout dort.

B) En prose, les timbres auront la même tendance à

(2) Nous donnons des exemples de ces vers dans l’Essai sur les Rythmes toniques. Souvent utilisés dans d’autres langues, ils sont tout nouveaux en français. Ne pas les confondre, en effet, avec la tentative prosodique de Baïf (V. même livre, chap. Baiïf), tentative qui n’aboutit pas à des rythmes, à des nombres déterminés; ceux qui ont pris le même chemin ne pouvaient réussir mieux, à cause de l’inconsistance des durées en français. Mais les accents toniques ont une stabilité suffisante.

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