‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 5 sur 91 · A: VIA · texte numérisé non relu

A: VIA

STRUCTURES NUMÉRIQUES DES FAITS ESTHÉTIQUES

Le fondement de la notion de rythme, du moins telle qu’on l’a toujours pratiquée, c’est la possibilité de ne plus voir, dans un phénomène, que des ensembles de choses tenues pour égales.

Mais l'égalité, dans ces domaines, a cependant ses caractères particuliers. C’est un jeu inquiet d’inégalités. Notre attention au rythme perçoit et affirme l'égalité de ces êtres. Mais notre attention est fixée sur eux par le même processus qui fait qu’un mobile est vu de bien plus loin qu’une fixité.

En somme, s’il y a rythme dans les syllabes latines, c’est parce qu’on les découpe en deux classes d’élémenis entre eux égaux. Mais c’est aussi parce que l’attention est allée chercher cette égalité, a été alléchée et tentée de s’y intéresser. Si le phénomène intéresse au lieu d’agacer (jusqu’au moment où il pourra être oublié malgré son bruit, comme une pendule indiscrète mêlant son bruit à des images poétiques), c’est parce que ces égalités perçues, formant rythme parce qu'égalités, forment aussi rythme parce qu’elles nous intéressent et viennent à nous. Elles se prêtent à l’exercice de notre connaissance mathématique; elles sont simultanément le type du continu ondoyant et nuancé.

La distinction entre égalité mathématique et égalité physique est classique. La première est rigoureuse : deux choses égales à une troisième, de cette égalité, sont égales entre elles. La deuxième est au degré de

1. Pour la mesure de ces égalités, voir la note à la fin de ce chapitre. Comme exemples de ces égalités faites d’inégalités, et de leur analyse

numérique en inégalités qui s’opposent, voir Lyrisme et structures sonores, I, 111, 8. V. aussi Essai sur les Rythmes, p. 64.

Bo

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