‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 73 sur 91 · DISTRIBUTION DES ZONES LYRIQUES · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES ZONES LYRIQUES

ment, cette sensation bien connue qu’on traduit en disant que pareille prose sent l’huile, gêne qui devient à la longue fatigue, et qui peut obnubiler complètement la volupté esthétique que cette prose, à d’autres titres, mériterait d’éveiller. Mais cette remarque nous intéresse ici surtout par cette conséquence théorique Voilà deux ensembles de suites sonores. Il serait d: très mauvaise méthode d’en mélanger l’étude; et sil faut commencer par l’un d’entre eux, le plus indiqué sera celui des suites naturelles. Peut-être a-t-il des lois; si on les découvrait, il semble qu’on pourrait entrevoir leur signification. Mais de tels espoirs ne sont même pas possibles, si on opère sur les suites mélangées des deux ensembles : c’est comme si on recherchait les lois, non seulement des organismes vivants, mais, s’il est permis d'employer cette image, des hachis et des pâtés, fussent-ils très savoureux. Non seulement, comme nous le remarquions d’abord, les lignes sont plus compliquées et mélangées, et il vaut mieux ne pas commencer par celles-là; mais peut-être même sommes-nous en présence d’un phénomène qui n’a que peu de rapports de nature avec les suites constituant le premier ensemble.

5. Distribution des zones lyriques. — Le travail d'élimination que nous venons de faire dirige notre attention, non plus uniformément sur l’étendue totale, mais sur certains centres, certaines zones où se trouvent contenues les structures régulières.

Dans certains cas, la distribution de ces centres dans

ANALYSE DE LA PROSE

l’amorphe peut présenter un intérêt particulier, par exemple si l'ouvrage entier a été écrit d’un seul jet; si un seul mouvement a disposé toutes les paroles; cela. sans retours, ratures, rapiéçages, transitions revues et bien équarries.

Dans ce cas, il peut être instructif de remarquer, par exemple, que les centres ne se distribuent pas uniformément tout le long de l’étendue, mais viennent groupés, comme par vagues. On peut ainsi dénombrer les vagues principales, les crises lyriques. C’est ce que nous avons constaté, par exemple, en étudiant Atala.

Cette étude peut être faite, avec quelques précautions, au moyen d’un graphique, la position du centre de structures régulières étant indiquée en abscisse : cette position peut être déterminée grossièrement par le numéro de la page, ou de la ligne (grossièrement, comme on s’en aperçoit en se reportant aux remarques sur la déformation des valeurs spatiales dans le: temps). On peut se passer d’ordonnée, ou prendre une évaluation quelconque du centre en question : par exemple, bien plus grossièrement encore, son étendue.

6. Les zones lyriques, ou de structures régulières. — L'ouvrage constitué par ces zones de concentration des centres lyriques, par ces vagues; et davantage encore louvrage, semblable à une anthologie, constitué par les centres lyriques, c’est-à-dire par les pages qui n’ont pas été éliminées : ces ouvrages sont comme des dérivés du premier contenant, en moins long, tout le lyrisme de celui-là. Pour étudier ce lyrisme, il n’y a

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