‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 74 sur 91 · ZONES LYRIQUES, OU DE STRUCTURES RÉGULIÈRES · texte numérisé non relu

ZONES LYRIQUES, OU DE STRUCTURES RÉGULIÈRES

guère à recourir à l’ouvrage initial : on en a recueilli la quintessence dans cet extrait, d’ailleurs très savoureux à goûter. Il n’a pas ce caractère si ennuyeux des anthologies, d’avoir été obtenu arbitrairement, si bien qu’on se demande constamment si le meilleur n’a pas été omis. Ici, par l’élimination, faite sans arbitraire, de parties très bien définies, on sait où on est; et on sait aussi que, puisqu'on n’a rien éliminé de lyrique, tout le lyrisme est là.

Ces zones se trouvent aussi être les plus rythmées, c’est-à-dire celles où les structures sonores ont cristallisé en formes régulières.

On s’en aperçoit en traduisant ces structures en nombres : en prenant le nombre représentatif de cha. cune, comme il a été dit.

Dans ces nombres, les chiffres ne se disposent pas au hasard, mais fournissent les échantillons les plus variés de régularités. Il ne s’agit pas seulement, comme on voulait le croire autrefois, de rechercher la fréquence de l’octosyllabe ou l’alexandrin : ce qui se traduit, dans celui de nos nombres que nous avons appelé nombre arithmétique, par la fréquence du 8 ou du 12. De la façon dont nous avons posé le problème. on s'attend bien à ce qu’il y ait une multitude d’autres formes possibles : un nombre n’est pas régulier seulement par la fréquence d’un de ses chiffres, et encore moins par la fréquence d’un certain chiffre déterminé, comme 8. Les variétés possibles sont d’une richesse que l’on prévoit maintenant par cette simple remarque.

Pour aborder l’étude des variétés, on sent aussi,

ANALYSE DE LA PROSE

maintenant, combien était inadapté le procédé consistant à venir muni d’une variété, dont on avait cru sans aucune bonne raison qu’elle devait être caractéristique du rythme de la prose; et puis de rechercher si cette variété s’y trouve effectivement. On passe sur les autres, qui s’y trouvent et sur lesquelles on ferme les yeux; et on veut à tout prix ne remarquer que celle-là. Cetet objection s’applique, non seulement aux chercheurs d’octosyllabes, mais aux chercheurs de particularités dans la prose latine ou dans le vers grec.

Ce qu’il faut, c’est avoir un instrument sur mesure, qui reflète toutes les régularités; et où il est facile de les apercevoir aussitôt, et facile de les décrire et de les faire remarquer.

Le nombre représentatif remplit parfaitement ces conditions. Il dit immédiatement pourquoi un passage est rythmé, en y découvrant un caractère régulier qu’on ne trouverait guère, si on prenait le nombre représentatif d’un des passages éliminés, ceux de prose amorphe.

Nous nous sommes bien trouvés, quant à nous, de n’aborder l’examen des rythmes que de cette façon. Rien que du point de vue de l’exposition, ce qui demande de longues pages pour être exprimé autrement, s'exprime aussitôt et avec un grand relief au moyen de ces chiffres. Quant à la recherche, elle se fait avec une facilité et une rapidité qui peut permettre d’achever en trois semaines un travail qui semble exiger de longs mois.

Il est possible d’ailleurs de retraduire cela, de façon

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