‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 75 sur 91 · ZONES LYRIQUES, OU DE STRUCTURES RÉGULIÈRES · texte numérisé non relu

ZONES LYRIQUES, OU DE STRUCTURES RÉGULIÈRES

à supprimer les chiffres après analyse faite, et ainsi de rester autant que possible dans le cadre des habitudes philologiques. C’est ce que nous avons fait dans nos publications; les chiffres utilisés n’ont pas été donnés, parce que ce surcroît de nouveauté eût pu surprendre et empêcher de prendre connaissance des autres.

C’est avec ces chiffres également que l’on peut aborder l'étude intérieure du vers. Ils permettent de se faire aussitôt une idée nette des questions concernant la définition extérieure et commune du vers. Ils serviront encore davantage à pénétrer dans son individualité, dans cette structure intime du vers qui n’est pas exigée sous forme de règles. Ces questions se traitent exactement comme l'étude des grandes étendues de prose, en deux étapes :

1° Méthode de l’élimination de l’amorphe.

2° Analyse des structures régulières, en les rapportant aux diverses rythmiques possibles en français, et en suivant ces structures au moyen de traductions numériques.

Les chapitres précédents montrent comment on peut aborder méthodiquement, non seulement la rythmique française, mais tout autre du même type. Il n'y auraït que peu de rectifications à faire pour passer du français à l'italien, par exemple.

Nous montrerons maintenant comment on peut aborder un autre type de rythmiques, en examinant les mètres doriens.

INTRODUCTION AUX RYTHMES GRECS

1. La tradition des métriciens. — Pour faire un pas nouveau en rythmique grecque, irons-nous une fois de plus scruter ce qui nous reste des métriciens anciens; comme les physiciens d'autrefois retournaient 5 ours aux textes d’Aristote?

Nous possédons maintenant un fait d’expérience. Cette « tradition des métriciens », interrogée pendant plus d’un siècle, a échoué devant des problèmes fondamentaux. Ainsi, que sont les rythmes de la grande lyrique dorienne? Ne disons pas que, selon les explications arrachées à la tradition des métriciens, ces rythmes apparaissent comme un puzzle dont les morceaux (pourquoi ces morceaux?) se rejoignent pour des raisons encore plus obscures que le problème initial. Constatons seulement ce fait : on ne s’accorde pas sur l’explication des mètres doriens, par exemple, comme sur la division strophique des odes.

Après l’échec des meilleurs esprits et des plus informés, l'espoir semble illusoire de faire mieux dans la même voie. Il n’y aurait pas de raison pour qu’elle nous menât plus loin.

INTRODUCTION AUX RYTHMES GRECS

Pourquoi, malgré cela, se décide-t-on si difficilement à abandonner le premier chemin?

On le voit par l’opinion même d’un de ceux qui décident de l’abandonner : Hermann, qui se détourne des textes des métriciens, parce qu’il les croit parvenus à nous inutilisables. Cependant il s’accorde avec son contradicteur Westphal pour croire que, si nous avions ces textes au complet, ils nous apporteraient la clef de tous les problèmes métriques. Il est naturel alors qu’on les quitte avec tant de peine; et au moment de les quitter, qu’on y retourne encore, surtout si des fragments nouveaux ont été signalés.

C’est en travaillant sur la métrique française que nous avons appris à être, sur ce point, en désaccord et avec Hermann, et avec Westphal.

Les faits métriques, en français, sont aussi proches de nous que les mètres de Pindare, des métriciens grecs.

Or, ici, nous voyons de quel secours peut-être la Tradition des métriciens. Avant 1925, que valait-elle pour l’analyse des rythmes de Rousseau? Rigoureusement rien; et bonne tout au plus à proposer des problèmes faux. Pourtant les commentateurs ne manquaïient pas. D'où l’on pouvait aussi déduire le peu de portée des explications du vers français, puisqu’une bonne méthode d’explication ne se fût pas trouvée à court devant la prose.

Nous voilà donc, en 1925, par rapport aux mètres français, dans l’état idéal où la philologie grecque

. Hé RSS

Page 1