RECHERCHE DES DIVISIONS NATURELLES
faits, Platon les aurait chassés de sa république comme poètes, mais les aurait fait rentrer par une autre porte comme savants : celle portant l’inscription « Que nul n'entre ici s’il n’est géomètre. » Nous en saurions quelque chose.
Le tradition des métriciens est la tradition des écoles grecques, des théoriciens qui ont essayé de résoudre les problèmes de rythme. Il y a parmi eux de grands esprits comme Aristote ou Aristoxène. Pour l’explication de phénomènes naturels, leur science ne nous engage pas plus qu’elle n’engageait les fondateurs de la mécanique. Or, il y a des faits dont les meilleurs commentateurs d’Aristoxène n’ont pas pu trouver l'explication dans Aristoxène. Il est donc bien probable qu’il ne l’avait pas. Maïs supposons qu’il lait eue, et qu’on l'ait perdue, cette explication qu’il ne tenait pas de Pindare, mais de sa propre intelligence scientifique. Il semble moins coûteux, après cent ans d’efforts pour arracher à Aristoxène la solution trouvée par son intelligence, de faire enfin ce qu’il a dû faire lui-même : de résoudre les problèmes au moyen de la nôtre.
2. Recherche des divisions naturelles. — Essayons donc d'examiner en lui-même ce problème si obscur des rythmes de Pindare.
Avant tout, il faut reconnaître si ces étendues sonores ne se divisent pas d’elles mêmes en parties.
On a reconnu de tous temps une certaine division. et personne ne l’a contestée, en strophes et épodes.
Soit par exemple la III Olympique, qui a donné
INTRODUCTION AUX RYTHMES GRECS
leur nom de doriens à cette classe de mètres, appelés par d’autres dactylo-épitrites.
La division en strophes a ceci d’incontestable . D’une strophe à une autre, d’une épode à une autre, on rencontre les mêmes suites de syllabes. A la n° syllabe d’une strophe, correspond dans toutes les autres strophes une n° syllabe : sauf de très rares exceptions, toutes ces syllabes correspondantes sont longues ou brèves en même temps.
3. Principe sur les cloisons des mètres doriens. — Ces grandes divisions naturelles induisent à chercher s’il n’y a pas aussi des sous-divisions, également naturelles.
Considérons les très rares exceptions que nous venons de signaler, nous poserons en principe qu’elles ne sont pas fortuites.
Autrement dit : jamais, dans les mètres doriens, une syllabe brève ne pourra correspondre à une longue; sinon aux endroits formant cloison, ou fente, entre
remment longue ou brève, qu'entre deux strophes, ou entre deux vers. Là, cette indifférence se conçoit; elle est dans l'esprit de toute la métrique grecque.
Il est à remarquer que cette loi est suggérée par les grandes divisions des odes : les strophes et épodes ont pour dernière syllabe une syllabe indifféremment longue ou brève.
En létendant, de façon à postuler qu’une syllabe