‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 78 sur 91 · STROPHES, ÉPODES, VERS · texte numérisé non relu

STROPHES, ÉPODES, VERS

indifférente marque toujours, dans les mètres doriens, la fin d’une division naturelle, nous ne faisons qu'étendre à ces vers ce qui est de règle pour lhexamètre.

4. Strophes, Epodes, Vers. — Donc, si partout où il y a syllabe indifférente, nous admettons que nous nous trouvions en présence d’une cloison entre deux divisions; si, réciproquement, nous retenons comme divisions naturelles seulement celles que sépare une syllabe indifférente, nous avons :

1° Les grandes divisions, reconnues de tout temps : Strophes et Epodes. Entre deux de ces divisions, il y a toujours une syllabe indifférente.

: 2° Les divisions mineures, que nous appellerons vers. Deux vers consécutifs sont toujours séparés par une syllabe indifférente.

Il n’y aura jamais pour nous de syllabe indifféremment longue ou brève, à l’intérieur des vers. Toute syllabe indifférente sépare nécessairement, ou deux strophes, ou deux de ces unités que nous appelons vers.

5. Critère simple adopté ici, et critère double de Boeckh. — La division que nous adoptons touche de près aux principes de division adoptés par Boeckh, et qui suscitèrent un tel enthousiasme dans le monde philologique.

On sait que, dans son édition de Pindare?, Boechk

2. Boeck, Pindari opera quae supersunt (Lipsiae 1811-21). Il n’y a pas lieu d’insister ici sur la bibliographie. A titre de renseignements historiques, on pourra consulter G. HERMANN, Epitome doctrinae metricae (1818,

INTRODUCTION AUX RYTHMES GRECS

sépare les vers dans les strophes en se guidant au moyen de deux principes. D’abord, il s’efforce de mettre les syllabes indifférentes en fin de vers; ensuite il ne termine jamais ses vers sinon à une fin de mot. Il est très remarquable que, lorsqu'il s’agit de longs vers, cette double règle de division amène des résultats qui coïncident. Mais, lorsqu'ils ne coïncident pas, c’est le critère des syllabes indifférentes que Boeckh abandonne; il s’astreint à ne pas former ses vers de façon à ce qu’il y ait des mots enjambant d’un vers sur le suivant. |

On voit que nous n’abandonnons jamais le critère des syllabes indifférentes; autrement dit, nous ne nous rencontrons avec Boeckh que lorsqu'il se trouve suivre ce critère, lorsqu'on a la bonne fortune de ne pas trouver des syllabes indifférentes à l’intérieur des mots.

Notre raison est la suivante : Nous ne réussissons pas à comprendre, en examinant les structures régulières de Pindare, comment il serait possible que des syllabes indifférentes se produisissent au beau milieu des vers.

On pourrait le comprendre encore, à titre de licences poétiques, si ces licences se produisaient tantôt ici,

Lipsiae). R. WEsTPHAL, Metrik der Griechen, dont la 3% édit. s’appelle WESTPHAL-ROSSBACH, Theorie der Musischen Künste der Hellenen (30 Leipzig, Teubner, 1885-9). O. SCHRÔDER, Vorarbeiten zur griechischen Versgeschichte (Leipzig, Teubner, 1908), etc. Mais le lecteur aura un très bon guide bibliographique en utilisant les ouvrages suivants : P. MASsqUuERAY, Bibliographie pratique de la littérature grecque (Paris, Klincksieck, 1914), p. 6-9 (voir aussi les éditions de Pindare, p. 64-65); L. LAURAND, Manuel des études grecques et latines (A. Picard, 1923), p. 743; et TH. REINACH, La Musique grecque (Payot, 1926), p. 172-174.

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