MESURE DES RYTHMES
question en montrant comment, en France, on s’est efforcé, depuis Baïf notamment, de conserver le concret, ce qui était impossible, et non le nombre, ce qui était possible. Aussi la tentative a-t-elle échoué à moins de la reprendre sur les nouvelles bases indiquées par nous.
Mesure des rythmes. — Arriver à représenter les rythmes par des nombres, cela présuppose qu’on les aura mesurés d’une certaine façon.
Les remarques précédentes sur l’égalité, montrent tout de suite que, dans ces mesures, un degré de précision très faible suffit. Pour diviser les syllabes d’un texte poétique en longues et brèves, ou en atones et toniques; ou pour remarquer, toutes les dix syllabes d’une laisse, des retours de timbres égaux : il faut vraiment avoir fait des mesures dont la précision ne va que jusqu’au premier chiffre significatif; des mesures qui n’auraient plus de rapports avec les aspects généraux du phénomène rythme, si elles n’étaient pas excessivement grossières.
Il s’agit, la plupart du temps, de classer en deux classes : les éléments de la première tous égaux entre eux, et pareïllement ceux de la deuxième. Les retours des éléments de la première, parmi les éléments de la seconde, donnent le rythme.
Donc, pour analyser le phénomène rythme (au sens où ce mot a servi aux métriciens, au sens où Ce mot représente les remarques faites communément), il ne servirait dé rien d'employer des instruments donnant six décimales exactes.
Quel instrument de mesure choisirons nous donc?
Nous pensons que, dans l’état actuel de la métrique, les instruments divers qu’on a proposés n’offrent pas de supériorité sur la mesure, pour ainsi dire, à l’œil nu.
RC: tu
STRUCTURES NUMÉRIQUES DES FAITS ESTHÉTIQUES
1° Leur précision est, dans l’état des choses, un luxe inutile. Pour les ramener à l’analyse de l’idée de rythme, il faut renoncer à cette précision, ramener les résultats obtenus à quelque chose de bien plus grossier. Ainsi, les syllabes considérées comme également accentuées, sont présentées par des instruments plus précis qu’il n’est besoin sous formes de chiffres très inégaux entre eux. L'opération se complique, il faut interpréter ce qu’on tient pour égal et ce qu’on tient pour inégal. Et cette interprétation n’a de valeur que si elle remplit son but : faire coïncider les inégalités obtenues, avec les égalités entendues par un observateur non muni d’instruments.
2° D'ailleurs, que mesurent les instruments? On fait lire un texte à quelqu'un, et puis on enregistre les sons au fur et à mesure.
Seulement, il y a trois choses, dans une émission sonore : la vibration de l’air, les sons entendus, et les sons remarqués. En acoustique, on n’a pas besoin de supposer l’existence d’une oreille dans le champ sonore, pour développer la théorie de ce champ. Tout détecteur de vibrations fera l’affaire, et d'autant mieux qu’il sera plus sensible.
Ici, les vibrations émises ne nous intéressent que tout à fait accessoirement. Qui voudrait étudier scientifiquement la.peinture, ou du moins doubler de mesures scientifiques les remarques des théoriciens de tous les temps : ce serait un luxe bien inutile pour lui que des instruments mesurant tout le rayonnement électromagnétique provenant des toiles. Il lui faut, en première analyse du moins, avoir des renseignements sur l’octave visible; et non sur le rayonnement calorifique de ces couleurs.
En première analyse aussi, et au moins pour débrouiller ce domaine et se faire une doctrine efficace, nous n’avons que faire de connaître la vibration qui se trouve dans l’air, au moment d’un phénomène de rythme. Ce