CRITÈRE SIMPLE ADOPTÉ ET CRITÈRE DOUBLE DE BOECKH
principe de séparation des vers, que vérifie autant que possible le fait n° 1, ce serait la séparation au moyen des syllabes indifférentes.
Quant au fait n° 2, il montre l’incompatibilité entre les deux principes de séparation de Boeckh. Ce fait montre qu’il faut choisir : au lieu du critère double, adopter ou le critère de la séparation entre mots, ou le critère des syllabes indifférentes. Et non pas l’un et l’autre.
C’est même l’expérience cruciale devant laquelle tombe de critère double de Boeckh; puisqu'elle démontre l’impossibilité de ce critère double, et la nécessité de choisir, soit l’un, soit l’autre.
Il fallait donc suivre avec intransigeance notre principe des divisions naturelles, mais en prenant leçon des faits. C’est l’un ou l’autre des critères qu’il faut choisir et abandonner complètement celui dont on ne se sert pas ici.
Le problème ainsi posé, il est évident qu’on ne peut suivre, à ce carrefour, comme l’a fait Boeckh, la séparation entre mots, et sacrifier le critère des syllabes indifférentes. Car le premier critère ne peut être généralisé, ne donne rien à lui seul et nous ne sommes arrivés au carrefour où nous sommes que grâce au second. Il importe de ne pas l’abandonner ici, mais de poursuivre sur le même chemin que nous avons suivi avec succès. Boeckh a fait comme le chasseur qui, après avoir suivi une piste excellente, à un certain carrefour s’est laissé entraîner sur une piste fausse.
INTRODUCTION AUX RYTHMES GRECS Mais lui, au moins, avait commencé la chasse décidé à suivre une piste.
Ces remarques historiques faites, nous revenons au point où nous avaient amenés nos propres principes.
Nous admettons que les syllabes indifférentes ne se —- — trouvent jamais qu’entre deux vers. Réciproquement,
‘entre deux vers, il y a toujours une syllabe indif-
férente.
Secondairement, on constate ceci : quand les vers | sont longs, le poète s’arrange pour que la syllabe in-
différente soit la dernière d’un mot. De la sorte, il
fait coïncider certaines séparations du discours avec
les séparations musicales.
6. Représentation numérique des mètres doriens. — Si nous regardons cette partie des schémas commune à tous les schémas proposés pour les odes en mètres doriens, autrement dit, si on garde de ces schémas seulement ce sur quoi tout le monde s'accorde, on trouve :
Une suite indivisée de syllabes longues, brèves ou indifférentes, se répétant d’une strophe à une autre, d’une époque à une autre ?.
Nous nous astreindrons à noter en nombres cela seulement, parce que cela seul est de science certaine. Tout le reste semble incontestable aux uns, mais
3. C’est sans doute dans cet état que nous aurions les poèmes, si nous es avions par des inscriptions, comme les hymnes delphiques. C’est comme cela qu’il faudrait les imprimer, avec un caractère spécial pour les syllabes indifférentes. [Quant à leur disposition dans les papyrus et manuscrits, elle reflète simplement le travail de métriciens postérieurs à Pindare.]