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dû faire câte à Tile de Sable. Un officier de l'armée, de garnison à Halifax, le capitaine Torrens, fut chargé d'instituer des recherches ; il se rendit tout d'abord à l'île de Sable, où il comptait interroger les boucaniers, dont la présence sur rile avait été, récemment encorOi constatée par des i>ècheurs.
L'officier trouva l'île désertée de tout être humain; cependant il n'eut pas de peine à reconnidtre les restes du navire naufragé : on rencontrait partout sur la plage, des épaves de l'infortuné bâtiment dont la coque était fixée aux sables, vers le milieu de l'île du coté sud. Mais nulle trace ne se laissait voir des malheureux qu'il portait : tous,officiers,soldats, marins, iemmes et enfants avaient péri. Il résultait, du double ùit de la soustraction des cadavres à la vue et du lù^bre secret tenu sur l'accident, que le cnme avait dû s'igouter au malheur dans cette circonstance. Le bruit se répandit bientôt sur les côtes de la Nouvelle-Ecosse que le capitaine Torrens avait eu la nuit, sur l'île, une vision dans laquelle l'ombre d'une des passagères de VAmelia, la femme d'un médecin de régiment, avait révélé à l'ami de son époux, la mort par la mer, par abandon coupable et par assassinat de tous ses compagnons d'infortune. Ellemèmei mourante, aurait été brutalement
déponillée d'un bijou précieux qu'elle portait au doigt : à ce joyau étaient attachés de chers souvenirs connus de tous les compagnons d*armes de son mari. Peu de temps après, ajoute-t-on, le joyau re- ;trouyé chez un bijoutier d'Halifax qui l'avait acheté d'un inconnu, fut remis à la famille de cette dame. Telle est l'origine |
de la légende, dont M. Haliburton a fait |
un chapitre de son livre ** WUe Saws and \
modem instancesy' sous le nom de " Sable \
Island Ghost,'* et dont M. le Dr. G-ilpin parle dans sa brochure sur l'île de Sablei sous le titre, " TTie pale Ladp.^^
Oe lamentable événement induisit le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse à faire occuper l'île immédiatement, en y .
fondant ime station de secours, qui a toujours été maintenue depuis sous le nom»
peu euphonique dans sa naiveté, de Hmiane Establishment Bas l'année suivante, 1803, on construisit, au prix d'environ sept mille piastres, de modestes résidences, des refuges et autres édifices de bois, dont prirent possession, en 1804, un surintendant et des gardiens, chargés d'opérer les sauvetages et de prendre soin des naufragés. A dater de cette époque, l'île de Sable est en communication régulière et constante avec la terre ferme : des centaines d'existences ont été conservées et des valeurs considérables arrachées aux
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sables qui, autrement, les auraient aV sorbées. Les services rendus aux naufragés et leur entretien sur Tile, jusqu'à ce qu'on puisse les conduire à Halifax, sont tout à fait gratuits. Quant aux marchandises et autres effets sauvés des naufrages, TEtat perçoit sur leur vente la quote-part accordée par les lois maritimes, pour les opérations de sauvetage ; mais ce privilège s'exerce de la façon la plus généreuse et, souvent, on a fait abandon des réclamations qu'on était en droit de faire valoir.
Depuis 1802, les annales de l'île ont en« registre cent cinquante naufrages, régulièrement constatés. En dehors de ce chiffre, il y a encore la catégorie des navires dont le naufrage est révélé seulement par des épaves, q^uolquefois même par des cadavres, reietés sur le rivage, et celle des navires perdus sur les barres, sans laisser le moindre vestige de leur perte. Parmi les nombreux bâtiments qui disparaissent dans ces parages, sans laisser de nouvelles de leur sort, xm certain nombre doivent, inévitablement, avoir trouvé leur perte dans cet endroit. La nuit, la brume et les brouillards soustraient souvent, à la vue des gardiens, la part que les Sablons réclament de ces naufirages qui, pour rester inaperçus, n'en sont pas pour tout œla moins oertains.