LE» SABLONS
ment qu'il occupe aujourd'hui, à sept milles environ de distance de Textrémité ouest de Tîle, du côté du nord, entre le rivage de la mer et le barachois. Là étaient et sont encore la maison du surintendant, des logements pour les employés et leurs familles, des abris pour les naufrayés, des magasins, des boutiques et des étables. A rpxtréxuité d0 qp i>etit village, au sommet d'une éjiévation çst placé le mât de paviUpn avec sa hunë d'observa* tion. Au sud d^ village, occupant un.
petit plateau, se toit le cimetière, complément obligé des habitations de l'homme.
Aux deux bouts de l'île on avait construit des huttes de refuge et de petits dépots de provisions ; des avis, imprimés en anglais et en français, y étaient affiches pour l'information et la gouverne des naufragés, en attendant l'arrivée des gardiens qui, tous les jours, en temps orageux, faisaient la patrouille de l'îlé, montés sur des chevaux captxurés et domptés pour le service de l'établissement.
A l'époque de l'union des provinces de l'Amérique Britannique du Nord en Oonfédération, 1867, la charge de cette staâon passa du gouvernement local au gouvernement fédéral et tomba, naturellement, dans lens attr^butioncT du ministère de la mariuê^ei-dés pécKènes* Ohaque
ns
année, depuis cette date, où a ajouté au personnel et au matériel de l'établisse* ment, qui se trouve maintenant au grand complet, sauf une communication télégraphique avec la terre ferme,
Lq projet de relier Tile de Sable à la côte de ià Nouyelle-Eoosjse par un câble télégraphique entre dans le plan général de télégraphie des côtes maritimes du Canada, proposé, depuis plusieurs années, par M. Fortin, député du oomté de Gaspé aux Communes fédérales, ex-ministre du Domaine de la province de Québec. Tous les détails de ce système, à la maturation et à l'adoption duquel son auteur a consacré plus de vingt ans de travail, ont été indiqués dans une carte intitulée.: " Carte '' télégraphique du Fleuve et du Gblfe *' Saint-Laurent et des côtes des Provinces *' maritimes. " Cette carte, dessinée au ministère des terre» de la couronne, à Québec, sous la directiGn de M. Fortin, par M. Dufresne, dessinateur^géographe, a été publiée en 18YÔ, puis rééditée et publiée de nouveau en 1879. Ce vaste plan est maintenant plus d'à moitié exécuté. La section de l^e de Sable, encore à Tétat de projet, doit sô composer d'un câbte de près de cent milles de long, submergé entre le cap Canceau et l'ile, et d'un circuit de fils télégraphiques feàsant
communiquer tçus les postes de secours entre eux.
La question d'élever des phares d'éclairage sur l'île de Sable a été dans le passé le sujet d'une longue discussion, souvent très animée, entre isL Cunard, doyen de la Ooïximission dos ]>bares de la Nouvelle-Ecosse et le capiiaine Darby, patron du cotre provincial, d'une part — et M. Joseph Howe et lo capitaine (depuis amiral) Bayfield, de la " G-ulf Survey, " d'autre part. Les premiers s'opposaient à l'érection de phares sur l'île, alléguant que ce serait induire les marins à s'approcher de l'île, ainsi éclairé^, pour se reconnaître et qite s'approcher de cet endroit c'est, du coup, s'exposer à un danger imminent de naufrage. MM. Howe et Bayfield, de leur côté, répondaient qu'il n'y avait aucun lieu d'appréhender de voir les navigateurs diriger sciemment leur course vers l'île de Sable.; mais que, dans les cas, nombreux, de navires inopinément poussés vers ses ritages, il importait de leur offrir des signaux capables de leur fedre reconnaître, à temps, leur position. La question a été tranchée, et heureusement résolue, par le gouvernement canadien, sur la proposition de M.
Peter Mitchell, alors ministre de la marine.
Il existe maintenant deux phares sur l'île^ un à chacune de ses extrémités.
L'organisation et la distribution des moyens de secours et de sauvetage comprend, aujourd'hui, cinq postes : — ^le premier, poste principal, est situé au nord de l'île à environ sept milles de son extrémité ouest ; — ^le second, dit dupharedeTOuest, occupe l'extrémité ouest ;— rie troisième, dit du Sud, est placé à environ dix milles à l'est du second poste, sur la levée sud du barachois ; — ^le quatrième, dit du pied du Lac, avoisine le précédent à environ sept milles de distance; — ^le cinquième, dit du phare de l'Est, est placé à près d'une lieue de l'extrémité est de l'île. Chacun de ces postes est confié à la garde d'au moins deux gardiens résidants: on y compte une maison, des abris pour les naufragés, un dépôt de provisions et une étable pour les bêtes de service. Au cas de naufrage on trouve, sur place, les premiers objets nécessaires aux opérations de sauvetage et les moyens de se procurer promptement de l'aide des autres postes, grâce aux petits chevaux qu'on entretient à l'état de domesticité en nombre abondant pour ce service.
Avant l'occupation de l'île par l'Etat, lea pécheurs, les chasseurs et les naufragés avaient construit, en différents temps, des cases ou maisonnettes qui avaient reçu des appellations distinctes.
Ia carte française, dont il a été £ût men-
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tion plus l.nur, donne les noms de ces abris : r'o.Ni ain-A qu'on y voit indiquées, la *' Teut*^ ou maison de Riche " à la pointe ( iiost, — une tente au goulet du nord, — ^la " ^ .oÂ;^ tent, " la " Seal tent " ( du Icuip-marin), la " Tente nouvelle,^^ ces trois dernières près du lac au nord, — ^la •* Tente du sudy " à l'extrémité est du barachois, —enfin la '' Tente irlandaise^'* à la pointe nord-est de l'île.
Les deux phares ont été terminés en 1878. Les tourelles qui supportent les lanternes sont de forme octogonale et sont faites de bois, comme toutes les constructions de l'île. Le phare de l'Est, placé à plus de deux milles du pied de la barre, est peint en blanc : il a 86 pieds d'élévation au-dessus de la falaise qui, en cet endroit, mesure 84 pieds de hauteur audessus de la haute marée, donnant à la lanterne une élévation totale de 120 pieds anglais. La lumière est fournie par une lanterne lenticulaire française de genre dioptrique, second ordre ; elle se découvre à dix-huit milles de distance, par un temps serein, et par conséquent éclaire toute l'étendue de la barre et du plateau sousmarin et au delà: c'est-à-dire qu'elle se voit en dehors des limites de tous les sondages donnant moins aue quinze brasses de profondeur d'eau à la marée basse, tout autour de l'île Jusqu'au delà du point
OÙ elle vient croiser ses feux avec ceux du phare de l'Ouest. De jour,on découvre les tourelles des phares, avant de voir l'île au-dessus de l'horizon.
Le phare de l'Ouest, de même construc'* tion que son congénère, est peint blanc et brun: il est mum d'un fanal catoptrique, à trois faces éclairées et à trois faces obscures, opérant une révolution complète autour de son axe en trois minutes.
Chaque face lumineuse donne, par conséouent, son jet de lumière pendant une demi-minute, et chaque face obscure son occlusion pendant une demi-minute également Le navire placé par les vingtcinq ou trente brasses, vis-à-vis du milieu de 1 île, soit au nord, soit au sud, par un temps sans brouillard, voit les deux feux à la fois. Le phare de l'Ouest est élevé de 98 pieds du niveau de la falaise qui, en cet endroit, a vingt-cinq pieds au-dessus de la mer, donnant une élévation totale de 128 pieds. La portée extrême de la lumière est de vingt milles.
A chacun de ces phares a été ajouté un sifflet d'alarme à vapeur; mais le feu ayant, en 18*74, détruit le hangar qui logeait les appareils du sifflet de l'Est et endommagé le mécanisme, on a cru devoir ne pas le rétablir. Le sifflet de l'Ouest, qui se faisait entendre à une distance va* riant entre trois et vingt milles, selon les
conditions de l'atmosphère et la direction et la force du vent^ a aussi été plus tard supprimé.
On a dû, en 1882, déplacer le phare de rOuest, en conséquence de la dégradation opérée par la mer, dans la i>ortion sud* ouest de la falaise de Tîle. Oe phare a été enlevé et réédifié dans un endroit de la pointe ouest moins exposé aux irruptions de la ya^e. Les autres constructions qui avoisinaient le phare ont, naturellementi subi le même déplacement. .
On doit incessamment ancrer une bouée .
sifflante à l'extrémité de la barre de l'Est, ^ .
à près de quinze milles de l'île.
Ci suit le récit abrégé et succinct des principaux naufrages qui ont eu lieu, depuis quelques années, à l'île de Sable ; on en compte, de nos jours, en moyenne de deux à trois par an. Le naufrage de la goélette Arno, du côté nord, presqu'en face de la station principale, en 1846 ; M. le surintendant Darby à rendu un compte spécial de ce naufrage : . ;^ |
il attribue le succès de l'atterrage, autre- '^'^-w!
ment impossible, de ce bâtiment à l'em- 1
ploi de l'huile projetée à l'avant du na- |
vire, pour calmer la furie des vagues. ;
. Cette théorie de l'effet de rhuile sur une >
mer agitée a été récemment remise à l'étude et soumise à l'expérimentation ;— -le naufrage du vapeur Oeorgia sur la barre
de rOttest en 1868 ; — celtii du vapeur Epliesus sur la pointe ouest de Tile, côté sud, en 1866 ; — le naufrage de la goélette Océan Travéller, perdu, en 18 ÏO, avec les neuf hommes qui la montaient : ce naufrage n'a point laissé de traces ; le bâtiment était commissionné par le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse ; — celui de la goélette française Le Zéphyr^ perdue avec son équipage en 18*78; — celui du bâtiment portugais Farto, en 18^6, le capitaine et deux marins périrent ;— -celui de la goélette américaine Rieves, perdue, en 1876, avec tout son monde ;— celui du vapeur américain ^ate of Virginia^ en 18*79, à l'extrémité ouest de Tile, côté sud ; neuf des passagers se noyèrent 4&ns les opérations du sauvetage. Deux autres grands vapeurs océaniques, Zre Wyoming^ américain, en 18*78, et le Tyrian^ anglais, en 18*74Kont touché les sables de Tite, mais ont pu se déga^r et reprendre la mer, sans perte de vie. Le Wyoming^ cependant, dut jeter par dessus bord une partie de sa cargaison, et laisser sur Tîle Téquipi^e d'une de ses chaloupes, qui ne put rejoindre le navire, à cause de l'état de la mer.
Dans le cours de l'année 1882, il s'est fait deux naufirages, tous deux de navires norvégiens: le xwrkàhire, en juillet, et le Bolgeleg, en août ; ces deux navires ont été perdus sur les extrêmes limites du pla^
teau de TEst à quinze milles de Tîle.
^ Deux des matelots du premier nommé de \ ces bâtiments ont été enlevés, par la mer, I dans une chaloupe sur la barre de l'Est et 1 n'ont plus reparu. Oette même année, ) deux bâtiments à vapeur, anglais, le Copia et le Cid, se sont échoués; cdui-là sur la I barre de l'Est, en avril, et celui-ci, sur la ( barre de l'Ouest, au commencement d'oc- [' tobre; mais tous deux ont réussi à se l dégager, la mer s'étant trouvée parfai- ^ tement calme, dans les deux cas.
L'année 1883 n'a vu qu'un seul nau*»
frage à l'île de Sable; mais avec perte de treize personnes sur les dix-sept que portait le navire, le trois-mâts barque Britannia^ perdu sur la barre nord-est, en septembre.
En 1884, le 80 du mois de juillet, est venu se perdre sur la barre de l'Est, le grand vapeur Amsterdam^ portant deux cent douze passagers et un équipage de cinquante nommes ; trois passagers se noyèrent dans Topération du sauvetage, le ressac ayant fait cliavirer une des embarcations.
Le 19 Décembre 1884, un brick français, du port de Saint-Malo chargé de poisson pour le marché de Boston, est venu se perdre sur l'Ile de Sable. Des sept hommes qui montaient ce navire, un seul, le second capitainei fht sauvé, tous les
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autres périrent dans, ce sinistre, qui ferme si lugubrement cette liste de catastrophes avec l'année 1884.
Des cent cinquante deux naufrages régu* liàrement enregistrés de 1802 à 1884, auatre-yingt-neuf ont eu lieu au côté sud ae l'île et des barres, et soixante et trois au côté nord : trente-trois naufrages se sont produits sur la barre de l'Est et dix-huit sur la barre de l'Ouest, trente-neuf visà-vis l'île au côté nord et soixante-deux au côté sud.
Le gouvernement du Canada a dépensé, depuis 1868, environ $100,000 aux améliorations de tous ffenres qu'il était nécessaire d'apporter dans l'organisation de oette station de secours. La dépense annuelle totale, moins cependant les voyages des vapeurs ffarde^ôtes qui ne sont occupés Que de fois à autre à ce service, s'élève a la somme de près de $9,000, chiffre rond ; dont environ $t|000 sont fournies parle trésor canadien et près de $2,000 par le gouvernement anglais.
La population de Tlle de Sable, exclusivement composée des employés de l'établissement de secours et de leurs familles, comptait, le quatre avril 1881, à la date - du recensement, quarante-six personnes de tous âges, dont 2*7 du^ sexe masculin et 19 du sexe féminin. Oette population était constituée en sept ménages, occupant
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autant de maisons. Le nombre des gardiens est de dix-huit; tous hommes vigoureux et drossés au Feryice, souvent périlleux, qu'iLs ont à faire. Sous le rapport de la religion, cette petite communauté se divisait comme suit: 28 presbytériens, iri catholiques, 6 anglicans, 1 méthodisto. et 1 luthérien. En fait de nationalistes, on comptait 29 Ecossais, 12 Irland}\is, 4 Anglais et 1 Norvégien. Les divi rs âges de la vie se partageaient cette population comme suit : 18 au-dessous de six ans, y compris deux enfants nés dans Tannée, 4 de six à onze ans, 4 de onze à vingt-et-un ans, 22 de vin^t«et-un à cinquante ans, et 8 au-dessus de cinquante ans.
Tout le personnel de Tîle est sous le commandement immédiat du surintendant qui, lui, reçoit ses ordres du ministre de la marine. JDepuis les premiers leurs de l'organisation régulière de rétablissement de secours jusau'à ce jour, de 1804 à 1884, sept surintenaants ont successivement occupé cette charge, savoir: — ^MM.
Morris, Hodgson, Darby, mcKenna, Dodd, Macdonald et Boutillier. M. Macdonald ayant été admis, pour cause de santé, à prendre sa retraite dans le cours de l'année 1884, un des gardiens, M. G-arroway, fut appelé à exercer par intérim les fonctions de surintendant, jusqu'à la nomination de
M. K L Boutellier, d'Halifax, appelé à recueillir la succession de M. Macdouald.
Les surintendants de l'île de Sable sont, par le fait de leurs fonctions, notaires et magistrats.
On fait une petite culture sur Tîle et on 7 entretient un bétail assez nombreux.
On avait en 1880 récolté 1,200 minots de patates, 150 minots d'autres racines, 31 minots d'avoine, 159 tonnes de foin de prairies cultivées, et 161 tonnes de foin des prairies naturelles. On fait de plus la cueillette des fruits sauvages, surtout des atocas qu'on exporte en quantité notable, et dont la vente a produit jusqu'à $600, dans une année d'abondance. Les animaux domestiques se comptaient la même année comme suit: 29 chevaux domptés, 88 vaches à lait, 85 bœufs et bouviUons, et 50 moutons. On évaluait, dans le même temps, à 260 environ, le nombre des chevaux sauvages.
M. Howe, dans le rapport d'une visite . officielle faite par lui à l'île de Sable, en 1850, parle avec enthousiasme des ressources de cette île, qui, en dehors des richesses qui lui sont propres, voit chaque i année les naufrages et la mer lui apporter,
\ . en abondance, le fer, le bois et une foule
d'autres matières premières et d'objets manufacturés«
En temps ordinaire, les gardiens de l'île
&.>>it occupés du soin de leur culture et du i.riail, de rentre tien des édifices et du Matériel, de la préparation et du tr«au8« port par eau et par terre du bois de naufrage et de rapport oui sert de combustible, de la patrouille et de Tiuspection journalière ; le tout diversifio par la pêche et la chasse, la réception des visiteurs et, de fois à autre, par une prise au lasso de chevaux sauvages, pour le service de rétablissement ou pour la vente sur le. marché d'Halifax. Les deux dernières prises considérables opérées pour ce dernier ob^ jet ont été faites en 1870 et en 1881. Yingtdeux chevaux furent capturés en 1870.
Ils furent transportés à Halifax, de suite, par conséquent non domptés, et vendus bien au-dessous de leur valeur réelle, la vente totale n'ayant produit que $446.00 :
le mieux vendu de tous ces vigoureux petits chevaux rapporta $57, et les moins bien vendus $14 par tète.
Dans l'automne de 1881, on a capturé cinquante léris, qui ont été vendus à l'encan à Halifax, au prix moyen d'un peu moins de $17.00 par tête. On a fût depuis quelques captures encore et on comptSi présentement, au delà de deux cents chevaux libres, de tous âges sur l'ile, et trente deux bidets domptés.
Dans l'hiver de 1881-82, on a tenté d'ap*»
porter ce qu'on croyait devoir être une
amélioration, dans le sort des petits che« vaux sauvages. On a construit des étables ou abris, à entrées ouvertes, et placé, en différents endroits de l'île, des meules de foin; mais les léris n'ont point voulu s'approcher de ces constructions et n'ont point touché au foin des meules.
Four opérer les captures, les chasseurs, montés sur des léris domptés et exercés, poussent devant eux les bandes des chevaux sauvages, les forcent à se réunir dans les endroits marécageux de l'île, dans un pêle-mêle impossiblo à décrire, accompagné de ruades, de chutes et de culbutes. Profitant du désarroi et de l'afibllement qui suit cette manœuvre, les cavaliers s'emparent, au lasso, des sujets Su'on peut atteindre, en ayant soin de ne er que de jeunes bètes, les léris un peu âgés étant, en général, rebelles à toute domestication. Les chevaux des Sablons sont comme les hommes de leur pays d'origine, qui se nonûnent eux-mêmes têtes dures, Pen Calet : il ne faut pas oublier, toutefois, que tête dure est le contrepied de tête molle.
On conçoit quelle fête xme pareille chasse apporte dans la vie monotone des habitants de l'île de Sable : presque toute la petite population, hommes, femmes et enfants, y prend part d'une façon ou d'une «ntr^i comme spectateur sinon comme
If
acteur. On voit de suite que les léris domptés sont les compagnons de tous les jours des jeunes gens qui habitent Tîle et même des jeunes filles, qui deviennent d'intrépides cavalières ; elles n'en cèdent
fière à l'autre sexe dans les exercices cheval, et servent souvent d'estafettes, d'un poste à l'autre, quand les hommes sont occupés.
M. le Dr Q-ilpin donne une description très vivante d'une patrouille sur l'île et de l'annonce d'un naufrage. Après avoir suivi le gardien chargé de la visite de la partie nord-ouest de la côte et nous l'avoir montré tantôt cherchant contre le vent l'abri des petits vallons, tantôt faisant l'ascension de la falaise pour explorer la mer du regard, tantôt descendant sur la grève pour examiner des épaves dé];>osées au rivage par le dernier rapport de la marée; ou bien s'amusant à faire une charge à fond contre une troupe de loups* marins échoués sur le sable près de l'eau, puis remontant sur la dune et passant à gué l'extrémité ouest du lac, pour communiquer avec la patrouille du sud»
poussant sa monture à outrance, afin d'éviter une nuée d'oiseaux de mer, dont il a traversé le domaine de ponte et de couvée, et ^ui, furieux de cette irruption dans la solitude paisible de leur gynécée»
le poursuivent en l'étourdissant de leurs
LES SABLOXS.
cris perçants, picotant son chapeau ciré et les oreilles de son cheval, le narrateur ajoute 4 — '^ ...Dans le même temps, le ffardien en charge de la patrouille de l'Est, se fatigue la Tue à percer le brouillard qui Toile à demi la barre, dont le dos s'allonge, hérissé de membrures de navires naufragés, et sur la- Quelle la vague se brise^ )pour former aes mares dont l'eau retourne à l'Océan en petits filets. Aux rafales qui soufflent de r Atlantique, il a peine à se tenir en selle et son cneval conserve difficilement sa sûreté d'allure, à travers les sables mouvants et les flaques d'eau olapotées par la brise. Un coup de canon retentit sous le vent du large ; la brume se lève et lui découvre, au loin, la haute coque noire et les voiles ballantes d'un navire dévoyé, qui laboure le sable de la barre.
Une heure plus tard, la ticie du poste principal aperçoit un cavalier lancé à fond de train et brûlant l'espace, le long de la falaise. Avant que celui-ci ait eu le temps de laisser le dos de sa monture essoufflée et fumante, potir présenter son rapport, on entend cner de partout :
-— J7« naufrage l Un naufrage /—Le pavillon est hissé au màt, les chevaux, pris à l'écurie ou au piquet^ sont amenés et, qui à chevUl, qui sur les chariots des chaloupes de sauvetage, on part en hâte