‹ Les Sablons (L'île de Sable) et l'île Saint-BarnabéChapitre 6 sur 25 · HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE

On ne doit pas s'attendre à trouver dans les lignes qui vont suivre une étude complète et détaillée de ce que les trois règnes de la nature fournissent à l'île de Sable ?

Une indication gétiérale est tout ce qu'il convient d'introduire ici.

Quant à ce qui concerne la géologie et la minéralogie de l'endroit, l'histoire en est bientôt faite. La formation est un transport marin; on ne rencontre rien autre chose, sur l'île et dans son voisinage immédiat, que du sable marin, quelquefois mêlé de coquilles et renfermant des.

ossements enfouis de morses et de phoques. Sur les limites du banc, en atteignant les profondeurs de plus de soixante brasses, on a constaté la présence de graviers, de coraux et de roches solides ; lesquels, évidemment, se rapprochent de la surface en se relevant, pour former la charpente ou le squelette du soulèvement ; mais on ne paraît pas avoir établi l'épaisseur de la couche de sable sous laquelle ils se cachent, au sommet du relieL

La Flore des Sablons n'a point été com-

plètement cataloguée : on a dit qu'un botaniste pourrait y observer trente à quarante espèces ou variétés ; mais il est certain qu'un catalogue complet des plantes de rîle et de ses rivages, qui comprendrait les mousses, les algues et les plantes d'occasion,aurait beaucoup plus d'étendue que cela. Il n'y a pas d'arbres sur les Sablons : les quelques rares arbustes qui s'y voient appartiennent aux plus petites variété» des espèces qu'ils représentent.

On y trouve, en fait de fruits, les baieô du genévrier rampant, les atocas (caneberges), les bluets et les fraises. Les atocas y abondent et constituent un objet d'exportation, dont la valeur annuelle s'élève à quelques centaines de piastres. Plusieurs jolies fleurs agrémentent les gazons ; mais la plus belle plante d'ornement est le rosier sauvage, qui vient à merveille, sur cette terre si souvent enveloppée de brouillards et visitée par les orages.

Les plantes qui constituent toutefois la richesse végétale de l'île de Sable sont le Roseau des sables et la Lentille du Canada, qu'on nomme ici ** pois sauvages".

Ces deux plantes fourragères, auxquelles s'adjoignent la verge d'or, la mauve et autres espèces et variétés, forment des prairies naturelles et des pâturages qui couvrent, comme on l'a déjà dit, environ sept mille arpents de terre.

Le banc de l'île de Sable est abondamment fréquenté par tous les poissons qui font la richesse des côtes et des bancs voisins. Un professeur d'Halifax, M. J. "Willis, a dressé un petit catalogue des mollusques recueillis sur les grèves de l'île ; cette liste comprend trente-huit espèces et variétés vivantes et cinq dont on ne retrouve que les coquilles : parmi ces dernières, il faut noter l'huître arctique,encore si abondante sur les côtes du Nouveau- Brunswick et de l'Ile du Prince-Edouard.

Parmi les nombreux crustacés de l'île de Sable, on remarque les crabes, le homard et une variété de crevettes toutes petites, dont les eaux fourmillent. C'est à la présence, en nombre si extraordinaire, de ce petit animal qu'on doit attribuer le développement et l'embonpoint qu'on signale dans les poissons de ce banc de pêche. Le maquereau, dit de l'île de Sable, par exemple, est renommé pour son ampleur et sa graisse ; on le cote sur le marché aux poissons — "Double-Premier" — ; les pêcheurs de la Nouvellç-Ecosse l'appellent " Le Soufflé " (Sable Island bloater) : cette variété est à la famille des maquereaux ce que ** Le Eoulis" du Labrador est à la famille des harengs.

Le Barachois est peuplé de plies et d'anguilles : de larges coques savoureuses en habitent le fond ; sans compter plusieurs

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