‹ Les Sablons (L'île de Sable) et l'île Saint-BarnabéChapitre 7 sur 25 · LES SABLONS. SI · texte numérisé non relu

LES SABLONS. SI

espèces et yao'iétés de tout petits poissons, de mollusques et de crustacés, appartenant aux espèces qui se rencontrent dans les eaux extérieures de l'île.

Les premiers occupants des Sablons, dans l'ordre des animaux à respiration pulmonaire, ont été les morses, les pho- -ques et les loups-marins. Les morses ou Taches marines fréquentaient encore ces rivages au commencement du dix-septième siècle, comme ils fréquentaient alors le fleuve Saint-Laurent, en aval de l'embouohure du Saguenay, où, longtemps avant la période colombienne des découvertes d'Amérique, venaient les chasser les intrépides navigateurs bretons et basques. On recueillait, naguère encore, dans les sables du rivage de l'île, des crânes de ces animaux, auxquels étaient attachées les défenses d'ivoire que porte l'espèce.

Les phoques du G-roënland viennent encore quelquefois rendre visite à la barre de Test ; mais leur nombre diminue chaque année ; le temps ne paraît pas éloigné où ils auront complètement abandonné ces rives. C'est en janvier qu'on les voit arriver. Quand on les laisse en paix ils y demeurent jusqu'au printemps. Ces phoques ont à peu près les habitudes et les mœurs du loup-marin à fourrure de la -côte nord du Pacifique. Comme ce dernier, le phoque groënlandais est polygame^

comme lui, il est doué d'une certaine faculté de progression sur terre, où il passe plusieurs mois chaque année ; cet animal est de grande taille, quelques individus de l'espèce atteignent jusqu'à mille livres de poids, quand ils sont dans toute leur graisse. Les étrangers aux choses de la mer qui, de loin, voient pour la premièro fois, à sec au rivage, les phoques et les loups-marins les prennent ponrde gros cailloux erratiques parsemant les grèves.

Le loup-marin commun, appelé aussi veau-marin, ce joli et gentil petit animal que les Canadiens du baa Saint- Laurent nomment " loup-marin d'esprit ", que les habitants anglais de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick désignent sous le nom de " loup-marin des ports " {harbour seal), anime les abords de l'île de Sable:

soit qu'il se joue à la mer, soit que paresseusement étendu sur le sable, à marée basse, il aspire la brise ou se chauffe au soleil, soit que poussé par sa grande curiosité naturelle, il suive, en élevant sa belle tète au-dessus de l'eau, les embarcations auxquelles il semble faire escorte. Le loupmarin d'esprit, lui, ne désertera jamais nos rivages; il aime l'homme, il est même susceptible d'apprivoisement : c'est à tort quon l'a nommé loup, on aurait dû l'appeler chien ; car c'est à ce fidèle compagnon, le chien, qu'il ressemble le plus.

Un grand nombre d'oiseaux fréquentent rîle de Sable ; beaucoup d'oiseaux de mer en font même leur séjour habituel. Les goélands et les mouettes, en volées nombreuses et bruyantes, les cormorans et autres plongeurs plus taciturnes, les becsscie, puis plusieurs espèces delà tribu des échassiers, s'y rencontrent constamment.

Dans la saison de la ponte, leurs nids et leurs œufs sont déposés par milliers dans les marécages, autour du baracbois, sur les dunes, dans les falaises et dans les débris de navire, que le naufrage a fixés, à haute mer, aux sables qu'ils hérissent.

Le hibou blanc, ce magnifique oiseau du nord, s'est établi sur l'île, depuis que les rats et les lapins y ont été introduits.

Les oiseaux voyageurs, entre autres les tourtes (pigeons de passage), les merles (rouge-gorges du Canada) visitent les Sablons, où se rencontrent encore de petits oiseaux des champs, en assez grand nombre.

Souvent, le matin, après les nuits noires, quand les gardiens font la visite des phares qui éclairent les deux extrémités de l'île, ils trouvent, sur les galeries qui entourent les lanternes, les cadavres d'oiseaux qui y sont venus d'eux-mêmes chercher la mort, en se heurtant aux verres épais des fanaux. Pour se rendre compte de ce phénomène, il faut penser que ces

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