‹ Les sacerdoces athéniensChapitre 2 sur 72 · VIII, PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII, PRÉFACE

ont toujours été très soucieux de la tradition. Dans le grand abaissement des mœurs politiques qui suit les troubles du troisième siècle, quand l’esprit public est corrompu et que la démocratie athénienne est bien morte , l’antique constitution de Solon, de Clisthène et d’Aristide subsiste toujours. L’âme s’en est retirée , mais les traits n’en sont pas effacés. Jusqu’aux derniers jours de la vie antique , les Athéniens semblent tenir à en garder au moins l’illusion. Ce respect du passé éclate surtout pour les choses religieuses. Athènes se laisse envahir par les cultes de l’Asie, de l’Egypte et de Rome. Elle ouvre aux étrangers les Mystères d’Eleusis. Mais dans sa complaisance pour les nouveautés , elle s’obstine à conserver les anciens cultes et les anciens sacerdoces. Les éphèbes contemporains d’Adrien honorent aussi bien les dieux et les héros de la vieille religion attique que les empereurs divinisés. Aux invasions , les Barbares trouvent encore un hiérophante en fonctions. On comprendra que nous puissions chercher dans les inscriptions de l’époque impériale la trace des institutions sacerdotales qui existaient du temps de Démosthène.

Page 1