‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 102 sur 392 · l'intention EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

l'intention EXTÉRIEURE

On demande si Vintention extérieure suffit ? Elle consisterait à accomplir le rite extérieur comme il l'est ordinairement par l'Eglise, sans avoir intérieurement la volonté de faire ce que fait l'Eglise, et sans aucune intention intérieure correspondant à l'acte extérieur. L'opinion admettant cette intention comme suffisante a été soutenue par Catherin et un petit

nombre d'autres théologiens. Elle a été sérieusement touchée, sinon explicitement atteinte dans la proposition condamnée par Alexandre VIII : Valet Baptisiniis colîatus a ministro, qui omnem ritiim externum formamqiie bapti:^andi observât iiitiis vero in corde suo apud se resolvat : non intendo facere qiiod facit Ecclesia.

L'opinion contraire, qui exige l'intention intérieure, est plus probable, plus sûre, et la seule à suivre dans la pratique. Et s'il arrivait, comme l'enseigne Benoit XIV, qu'une personne conférât le Baptême en observant seulement le rite extérieur, mais faisant abstraction de l'intention intérieure, ou avec la volonté délibérée de ne pas faire ce que fait l'Eglise, le sacrement devrait être réitéré sous condition dans le cas d'urgente nécessité. Mais si les circonstances en donnaient le temps, il faudrait prendre conseil auprès du Saint-Siège.

L'intention qu'on appelle extérieure ne suffit, à mon avis, qu'autant qu'elle indique l'existence d'une intention intérieure. Si cette intention intérieure n'existe pas, il ne peut y avoir aucun sens dans les paroles, qui ne sauraient déterminer la matière. Un ministre qui aurait entièrement perdu l'usage de son bon sens, un somnambule en sommeil, pourraient accomplir tout le rite extérieur, et cependant personne ne dira valide les sacrements administrés dans de telles circonstances.

Bien futile me semble l'objection que nous ne pourrions pas être sûrs d'une ordination ou de la validité des autres sacrements, si nous exigeons l'intention intérieure, parce qu'il serait possible, et sans que nous le sachions, que les ministres ne l'aient pas. Nous vivons au milieu de créatures raisonnables ; et, dans l'ordre moral des choses, nous devons nous en rapporter les uns aux autres pour des actions de ce

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genre, croire que le Christ protège son Eglise, la met en état de protéger et de perpétuer ses sacrements.

Le rite extérieur peut aussi facilement être changé que l'intention intérieure, sans que nous le sachions. Lorsque le Christ a légué ses sacrements à son Eglise et a voulu qu'ils soient administrés par des hommes, il connaissait en même temps la faiblesse humaine, et il promit qu'il serait tous lesjours avec son Eglise. Nous pouvons donc, suivant le sens commun, nous fier à la fidélité de ses ministres dans l'administration des sacrements; et, selon la foi, nous en reposer sur l'indéfectibilité de l'Eglise et de ses ministres comme corps.

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