MATIÈRE PROCHAINE ; — TROIS SORTES d'aBLUTIONS
PAR immersion, par aspersion et par infusion
La matière prochaine du baptême est l'ablution, qui peut avoir lieu de trois manières, par immersion, par aspersion^ et par infusion (plonger, arroser ou verser), suivant la pratique des différentes époques, et de telle façon que, au jugement moral des hommes, on puisse dire que la personne baptisée est lavée. Pour cela, l'eau doit couler, et être en quantité suffisante pour exprimer l'idée de purifier ou de laver.
L'usage, dans les premiers temps de l'Eglise, était d'immerger le sujet, se conformant en cela à l'exemple du baptême de Notre-Seigneur et du baptême de l'eunuque par le diacre Philippe. Telle fut la pratique commune, même en Occident, jusque vers la fin du treizième siècle. Cependant, il se présentait souvent des circonstances dans lesquelles il n'était pas possible de conférer le baptême de cette manière. Les personnes mourantes, par exemple, devaient être baptisées dans leur lit. Nous voyons fréquemment aussi que des martyrs baptisaient, dans leur prison même, leurs compagnons ou leurs geôliers. Des auteurs croient aussi que les premiers convertis du jour de la Pentecôte ne purent pas être baptisés par immersion, à cause de leur grand nombre ; les cinq mille personnes furent probablement baptisées par aspersion en un seul jour par saint Pierre. Des difficultés se présentaient aussi pour les pays froids, et au sujet de l'immersion des femmes. C'est pour cela que le baptême par effusion, — c'està-dire, en versant de l'eau sur le corps, et particulièrement sur la tête, — remplaça peu à peu l'ancienne coutume. Le Rituel Romain prescrit l'effusion ; et le Concile de Trente a défini que c'était là, dans l'Eglise Romaine, la vraie doctrine touchant le baptênie. '
Si l'eau ne touchait que les vêtements, ou simplement les cheveux, ce ne serait point suffisant ; il faut qu'elle aille jusqu'à la peau. Il ne suffirait pas non plus d'appliquer la main, ou une étoffe mouillée sur la tête de la personne. Il faut qu'on puisse dire que l'eau coule. Il est très probable que le baptême serait valide, si l'eau était versée sur l'une des principales parties du corps, sur la poitrine, sur les
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LE BAPTÊME iS^
épaules, etc. ; et, dans des cas de nécessité, on pourrait baptiser sur les pieds ou les mains, s'il n'est pas possible de verser Teau sur Tune des principales parties du corps. Quoi qu'il en soit, quand le Baptême est donné en versant l'eau sur une partie du corps autre que la tête, on doit le renouveler sous condition.
Il est plus probable qu'une ou deux gouttes d'eau ne seraient pas suffisante, surtout si l'eau ne coule pas, parce que, alors, il n'y a pas ablution. Dans un cas de nécessité, — bien qu'un cas semblable soit difficile à supposer, — il ne faudrait point négliger ce moyen ; mais l'enfant devrait être baptisé de nouveau sous condition, si possible.
Les trois ablutions ne sont pas requises pour la validité du sacrement. Toutefois, elles sont obligatoires sub gravi ; elles sont prescrites par le Rituel Romain pour l'administration solennelle du baptême. On demande si un enfant qui n'est pas complètement né, ou qui n'est pas né du tout, peut-être baptisé ? Oui, pourvu qu'on puisse faire arriver l'eau jusqu'à une partie du corps, la main, le pied, la tête ; mais si l'enfant voit le jour, il devra être baptisé de nouveau sous condition, parce que le Baptême dans le sein de la mère reste douteux. L'enfant n'était pas né ; et la parole naître de nouv^au^ n'est pas vérifiée littéralement par le premier baptême. An possit valide hapti^ari puer in utere matris ? resp. affir^native, prohahilius^ si attingatur aqua aliquo mediante instrumento quia infans in utere matris inclusuSy jam est homo viator, at quoniam aliqui dubitant de validitate hujus baptismi, propterea quod talis infans cum non proprie dici possit nattts, nequit renasci ideo esset sub conditione repetendus, et a fortiori si aqua non ait in g at puer um immediate. (Conf. S. Alph. N. 107).