TEMPS POUR ACCOMPLIR LE DEVOIR PASCAL
Le temps d'accomplir le devoir pascal, selon l'ordonnance du Pape Eugène IV, s'étend du dimanche des Rameaux au dimanche de Q.uasimodo ; mais on le prolonge suivant les besoins des différents pays et des diocèses. Ainsi, en Irlande, il s'étend du commencement du carême à la fête de saint Pierre et saint Paul; en Angleterre et en Ecosse, du commencement du carême au dimanche de Quasimodo dans certains diocèses ; et pour d'autres, jusqu'au dimanche dans l'octave de l'Ascension. Ces réglementations particulières se promulguent au commencement du carême, et on en donne connaissance aux fidèles dans les églises. Une personne qui prévoit qu'il ne lui sera pas possible de recevoir la communion pendant le temps pascal, n'est pas tenue d'anticiper. Dans le cas où elle aurait anticipé, elle serait obligée, au temps pascal, de faire la communion de nouveau, si l'empêchement prévu avait disparu. Si, par négligence ou par malice, une personne n'a pjs fait la communion pendant le temps pascal, il y a toujours obligation pour elle de la recevoir, si elle n'a pas communié dans le courant de l'année ; la raison en est que le précepte ecclésiastique contient deux choses : faire la communion au moins une fois l'an, et la faire â Pâques ou aux environs. La communion une fois l'année est la partie principale de la loi, qui détermine le temps où oblige le précepte divin. On ne satisfait point à la loi par une communion indigne ou sacrilège, pas plus relativement au devoir pascal qu'à la communion annuelle. Innocent XII a condamné une proposition soutenant le contraire. ^
L Prop. 55 : « Prcecepto communionis annuce satisfit per sacrilegiam Domini manducationem. »
Telle est l'étendue de l'obligation de recevoir la sainte Eucharistie. Mais le désir de l'Eglise est que les fidèles la reçoivent fréquemment, parce que c'est la volonté de Jésus- Christ lui-même, qui désire nous rendre de plus en plus conforme à lui. Ce sacrement, en effet, nous transforme en Jésus-Christ, puisque le Christ habite en nous et nous en lui, au point que cette étroite union peut faire dire à chacun avec l'Apôtre : « Je vis maintenant, ou plutôt, ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. » ^