PRATIQUE DE LA COMMUNION QUOTIDIENNE ET FRÉQUENTE
La pratique de la communion quotidienne existait dans les premiers temps du christianisme, soit en vertu du précepte, soit par dévotion, selon les diverses opinions des théologiens. La piété des chrétiens s'étant peu à peu refroidie, cet usage cessa. De son temps, saint Augustin, interrogé sur ce point, répondit par ces paroles : « Quotidie Eiicharistiœ commxinionem percipere nec laiido nec vitupero ', Je ne loue ni ne blâm.e l'usage de la communion quotidienne. » Innocent XI, dans son décret sur la communion de chaque jour, décide pour les cas particuliers de laisser au jugement, à la prudence, et à la discrétion des confesseurs le soin de permettre ou non à leurs pénitents de communier tous les jours.
Benoit XIV fait observer qu'on ne doit pas permettre la communion fréquente aux personnes qui retombent souvent dans des fautes graves, et qui ne sont pas assez vigilantes pour faire pénitence et se corriger. Ce saint docteur pense que même à ceux qui ne consentent pas à des péchés graves,
I Gal. II. 20.
292 LES SACREMENTS EXPLIQIJÉS
mais ont de rattachement au péché véniel, on ne doit pas permettre de faire trop souvent la communion. D'où il suit qu'on ne doit pas suivre en pratique l'opinion qui enseigne que, pout la communion fréquente, même quotidienne, il est uniquement nécessaire d'être exempt de faute grave. Bien que l'état de grâce soit suffisant pour échapper au péché de sacrilège, ce n'est cependant pas tout ce qui est requis pour la communion fréquente, et surtout pour la communion de chaque jour.
Comme règle pour les catholiques en général, notre conclusion est que peu nombreux sont ceux à qui un confesseur prudent permettra la communion de chaque jour. Il est très peu de personnes auxquelles on ne puisse la permettre une fois par semaine, et nul à qui on ne puisse la permettre une fois par mois. ^ Lorsqu'on n'a pas le bonheur de faire la communion sacramentelle, où l'on reçoit réellement le corps, le sang, l'âme et la divinité de notre Sauveur, il est très utile de faire la communion spirituelle, à cause des précieux avantages que l'on en retire.