‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 181 sur 392 · MANIÈRE DE FAIRE LA COMMUNION SPIRITUELLE · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE FAIRE LA COMMUNION SPIRITUELLE

Elle consiste dans les actes suivants : « (i) Un acte de foi, par lequel on croit fermement que Jésus-Christ est présent dans la sainte Eucharistie. (2) Un acte d'amour, auquel on joint un acte de contrition de ses péchés. (3) Un acte de désir, par lequel on invite Jésus-Christ à venir dans notre âme. (4) Un acte de remerciement, comme si on l'avait réellement reçu.

I A. GoRiTiA, tab. 139.

La communion spirituelle peut se faire partout et en tout temps, même plusieurs fois par jour. Mais on recommande de la faire principalement pendant la messe, aux bénédictions, et dans les visites au Saint Sacrement.

Ajoutons ici une courte explication sur l'usage introduit par TEglise de ne donner la communion aux laïques que sous une seule espèce, — c'est-à-dire sous l'espèce du pain.

10. pratique de ne donner la communion que sous une espèce ; explications et raisons pour lesquelles, l'Église a adopté cette pratique.

L'usage de donner la communion sous les deux espèces, fut généralement, mais non universellement observé dans l'Eglise jusqu'au douzième siècle ; et, de fait, dans certaines régions grecques, la coutume était encore au temps de Benoit XIV de donner aux fidèles l'hostie consacrée, et faîte de pain fermenté, après l'avoir trempée dans le précieux sang, le jour des fêtes solennelles de Pâques, de la Pentecôte, et de la Nativité de Notre Seigneur. La communion sous les deux espèces n'est pas de précepte divin, comme le déclare le Concile de Trente, qui condamne ceux qui affirment le contraire. Dès lors, l'Eglise peut donc interdire l'usage du calice aux fidèles. C'est ce que firent certains évêques au douzième siècle ; et, au quinzième, une loi générale de l'Eglise, promulguée par le Concile de Constance. Cette sage défense a été portée et mise en vigueur par l'Eglise pour les raisons que voici :

(i) Le grand danger de répandre les saintes espèces quand il y avait un certain nombre de communions à donner, comme il arrivait souvent que les saintes espèces tombaient sur la barbe et les vêtements des communiants.

(2) La difficulté de conserver les espèces du vin pour la communion des malades, parce que cette espèce s'aigrit ou s'altère très vite.

(3) La répugnance qu'ont certaines personnes à boire du vin, et beaucoup à boire après d'autres.

(4) Dans bien des pays le vin est extrêmement rare, et on ne peut s'en procurer qu'à grands frais et avec difficulté.

(5) L'entêtement des liérétiques, qui s'obstinaient à soutenir que la communion sous les deux espèces était de précepte divin, nécessaire au salut, et de l'essence du sacrement. Pour ces graves raisons et autres semblables, l'Eglise a interdit aux laïques l'usage du calice, exerçant en cela, selon l'enseignement du Concile de Trente, son pouvoir de réglementer le mode de réception des sacrements, en sauvegardant leur substance et tout ce qui leur appartient en vertu de l'institution divine.

Le Christ, il est vrai, comme l'a expliqué le Concile de Trente, institua cet auguste sacrement à la dernière Cène, et l'administra à ses Apôtres sous les deux espèces. Mais il ne s'en suit pas nécessairement que, en agissant ainsi, il a établi une loi rendant obligatoire pour les fidèles de recevoir ce sacrement sous les deux espèces. Il en parle lui-même souvent, en ne faisant mention que d'une seule espèce : « Si quelqu'un mange de ce pain, dit-il, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai est ma chair pour la vie du monde. » Ailleurs : « Celui qui mange ce pain vivra éternellement. » On objecte communément contre la pratique actuelle (i) qu'elle est tout à fait moderne, et (2) qu'elle est contraire à l'essence du sacrement.

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