II. RÉPONSE AUX OBJECTIONS QU'ON OPPOSE A CETTE PRATIQUE
(i) Nous accordons que pendant les douze premiers siècles, les fidèles communiaient ordinairement sous les deux espèces. , Nous avons néanmoins de nombreux exemples de commu- '', ''^' nions sous une seule espèce. Ainsi, on donnait souvent TEucharistie aux enfants sous l'espèce du vin, comme cela se pratique encore parmi les Grecs. Dans les temps difficiles et aux époques de persécution, on emportait des hosties consacrées pour faire la communion chez soi. Les malades .^^ 'l aussi ne communiaient souvent que sous une seule espèce. ' , f/^ Nous pouvons conclure, d'après saint Léon, (Serm. 42, « De Quadragesima ») et d'après Sozomène, (« Hit., » viii. ^) qu'à Rome et à Constantinople, même en public, on donnait souvent la communion aux fidèles sous la seule espèce du pain. Ainsi faisait-on également en Angleterre au temps des vieux Saxons. (Voy. Bède, « Hist. Eccl., » 11. 5).
Aux messes dites des présanctifiés de l'Eglise grecque pendant le carême, et de l'Eglise d'Occident le vendredi saint, le prêtre et les fidèles ne reçoivent que l'hostie consacrée... En outre, le simple raisonnement théologique nous dit que si le Christ est tout entier sous chaque espèce, ceux qui reçoivent l'une ou l'autre, reçoivent le Christ tout entier.'
(2) Mais la communion sous une seule espèce ne détruit-elle pas l'essence du sacrement, qui consiste dans l'action de boire et manger ? Nous répondons que nous recevons le corps et le sang du Christ sous une seule espèce, et ainsi est sauvegardée l'essence du sacrement, par cette participation au banquet céleste. Ceux qui ne croient pas à la présence
réelle et objective de Notre Seigneur dans l'hostie, et qui soutiennent que l'essence du sacrement consiste simplement à manger du pain et à boire du vin, sont naturellement et logiquement obligés d'insister en faveur de la communion sous les deux espèces. Mais notre doctrine de la présence réelle ne nous impose aucune nécessité de ce genre. (Voy. « Man. de Théol. » Pars, il, 1. vil, c. iv).
L'appendice aux décrets du Concile de Trente sur la communion sous une seule espèce mérite d'être remarqué : « Les motifs qui ont déterminé la sainte Eglise catholique à n'accorder la communion que sous les espèces du pain, aux laïques et aux prêtres quand ils ne célèbrent pas, sont d'une telle nature qu'on doit les accepter, au point que l'usage du calice ne soit permis à personne. Si, pour de bonnes raisons, en conformité avec la charité chrétienne, il semble que l'usage du calice doive être permis à une nation ou à un royaume, on ne doit le faire que sous certaines conditions. Quelles sont ces conditions? Le même saint Synode se réserve de l'examiner à un autre moment. » Pie IV, en 1563, accorda l'usage du calice aux églises germaniques; mais son successeur. Pie V, retira la concession. (Voy. « Man. de Théol. » ut supra.).
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