I HÉBR. VI
croix du Calvaire ; car, celle-ci, il la embrassée volontairement par compassion pour nos misères, et pour nous sauver de Tenfer. La communion sacrilège, au contraire, est tout à fait opposée à sa volonté, et dans son existence sacramentelle il se soumet à ce honteux traitement de ses enfants ingrats.
4. LES EFFETS D'UNE COMMUNION SACRILÈGE D'APRÈS BOURDALOUE ! (l) ABUS DU PRÉCIEUX SANG. (2) CELUI QUI SE REND COUPABLE DE SACRILÈGE BOIT ET MANGE SA PROPRE CONDAMNATION. (3) ABANDON DE l'AME. (4) INDIFFÉRENCE A L'ÉGARD DES CHOSES DE DIEU ET DE SON PROPRE SALUT.
Quant aux effets de la communion sacrilège, outre qu'elle fait perdre tous "les fruits de ce sacrement, elle expose l'âme à de nombreuses calamités temporelles et éternelles^ qui sont la conséquence ordinaire de ce forfait.
Bourdaloue énumère ces conséquences spirituelles dans son sermon sur la communion sacrilège. Il y en a quatre principales :
(i) La première, c'est que ce sang qui coula sur la croix pour la justification du pécheur, retombe sur lui pour sa damnation. Ce sang, dont la voix, plus éloquente que celle du sang d'Abel, s'élève vers le ciel et crie vengeance vers le ciel contre lui. Ce sang qui devait être sa rançon, il en fait le plus contagieux et le plus subtil poison. Ce même^Saoïyeur qui voulait le défendre et lui servir d'avocat, il en fait son accusateur.
(2) En mangeant le corps et buvant le sang de Jésus-Christ, il mange et boit son propre jugement. Et en effet, celui que
le pécheur maltraite ainsi en le recevant indignement, n'est pas un j utre^jie J^jjjg^e, au tribunal duquel il devra rendre compte de ses sacrilèges. Ce même juge a prononcé la sentence, lorsqu'il a dit de Judas: « Il vaudrait mieux pour cet homme de n'être jamais né ; » jugement qu'il portera contre celui qui communie indignement ; — et la sentence est ratifiée dans le ciel à l'instant même qu'elle est prononcée sur la terre.
(3) Il tombe dans un affreux abandon de la part de Dieu. De n'avoir pas profité d'une grâce et de l'avoir reçue en vain, c'est assez pour arrêter le cours de certaines grâces que Dieu nous destinait. Il ne s'agit pas seulement ici d'une simple omission, d'une simple résistance à la grâce, en ne faisant pas ce que la grâce inspire ; mais d'un sacrilège actuel et formel ; il s'agit d'un crime commis avec pleine connaissance, rnalgré mille reproches intérieurs de l'âme qui voudrait empêcher un tel forfait. Après cela, nous paraîtra-t-il étrange que ce pécheuj^^oit^ délai ssé^de Dieu? Ainsi le fut Judas, quand le Sauveur du monde, au moment qu'il eut communié indignement, lui dit: «Ce que vous avez résolu de faire, faites-le au plus tôt. » Comme s'il lui eût dit: Je vous ai averti ; je vous ai sollicité et pressé ; rien n'a pu vaincre votre obstination : allez donc, et agissez; périssez, puisque vous voulez périr.
(4) De là, indifférence mortelle pour les choses de Dieu et pour le salut. Abandonné de Dieu et privé des grâces qui lui étaient réservées, comment serait-il touché de quelque chose par rapport à Dieu et au salut de son âme? Pour acquérir l'habitude d'une vertu, il ne faut quelquefois qu'une seule victoire qu'on a remportée sur soi-même, qu'une seule violence qu'on s'est faite, qu'un acte héroïque qu'on a