DE LA MESSE
Le sacrifice de la croix se continue dans le sacrifice de la
messe qui s'offre chaque jour sur nos autels. C'est ce que le
- ^ Concile de Trente explique très bien, et nous pouvons
résumer ainsi son explication : La toute puissance et la bonté
. / infinie de Dieu a pourvu à ce sacrifice par un dessein
I Ephés. V. 2.
incompréhensible qui surpasse nos faibles intelligences. Il a perpétué jusqu'à la fin du monde ce grand sacrifice du Calvaire, une fois offert matériellement pour le salut du genre humain. Grâce à cette immense bonté, la chair immolée de lavictimeduCalvairenous est présentée sous les apparences du pain et du vin ; et il est écrit que « quiconque refuse d'y participer n'aura point la vie en lui. » ^ Car Notre-Seigneur ; étant sur le point de s'offrir lui-même en victime sur la croix pour la rédemption du genre humain, son sacerdoce ne devant point cesser avec sa vie mortelle, le soir même où il fut livré, j il a institué et laissé à son Eglise un sacrifice visible et non/ sanglant, par lequel le sacrifice sanglant de la croix, qui nej pouvait être offert qu'une fois, serait perpétué jusqu'à la fini des temps, et sa vertu salutaire, son efficacité, communiquéesV / à tout le genre humain pour la rémission des péchés. Se j ^ proclamant lui-même grand prêtre pour toujours, selon j l'ordre de Melchisédech, il offrit à son Père éternel le I sacrifice de son corps et de son sang sous les apparences du J pain et du vin, et les distribua immédiatement à ses Apôtres, / les constituant, eux et leurs successeurs, ses ministres chargés de continuer à offrir le même sacrifice jusqu'à la fin des temps, en vertu de ces paroles : « Faites ceci en mémoire de moi. = »
La messe est donc la continuation du sacrifice de la croix. Elle est véritablement et réellement un sacrifice, le même que le sacrifice de la croix, duquel il ne diffère que par la manière dont il est offert.
1 S. Jean. vi. 54.
2 CONC. DE Tr., SESS. XXII. I.