‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 212 sur 392 · ON MANGE LA CHAIR DE LA VICTIME : RAISON · texte numérisé non relu

ON MANGE LA CHAIR DE LA VICTIME : RAISON

Que ceux qui assistent au sacrifice doivent participer à la chair de la victime, c'est ce que Dieu lui-même a commandé en révélant ce rite à Thomme. Cette conviction universelle vient de la révélation primitive faite à Fhomme, révélation qui s'est toujours maintenue parmi le genre humain, et affirmant que par la participation à la chair de la victime, l'homme communiquait directement avec la Divinité. Cette participation à la chair de la victime a toujours été en pratique chez tous les peuples de la terre.

« Parmi les Juifs, le sacrifice d'holocauste, dans lequel seul la victime entière était brûlée en témoignage de l'empire suprême de Dieu sur eux, de leur entière et complète dépendance à son égard, était accompagné de l'offrande d'un gâteau, qu'on mangeait comme communion, afin que cette condition indispensable du sacrifice ne fût pas absente. » ^

I Voy. « Traité du Sacrifice de la Messe^ » par un prêtre catholique, p. 34.

8. COMMENT LA MESSE DIFFÈRE : (l) DU SACRIFICE DE l'ancienne loi. — (2) DU SACREMENT DE l'EUCHARISTIE. — (3) DU SACRIFICE DE LA DERNIÈRE CÈNE. — (4) DU SACRIFICE DE LA CROIX.

Le sacrifice de la messe diffère essentiellement X^) des sacrifices de l'ancienne Loi, non seulement dans le rite à observer, mais aussi dans la victime qui est offerte et dans le ministre principal. Ainsi, il existe une distinction essentielle entre le sacrifice de la messe et les sacrifices de l'ancien Testament.

(2) Le sacrifice diffère aussi, mais non essentiellement, du sacrement de LEucharistie. Le sacrement consiste in re permanente ; — dans une chose qui persiste, — même sous une seule espèce, et a pour but la sanctification des hommes. Le sacrifice de la messe consiste dans une action transitoire qui est la consécration des deux espèces, et a pour but le culte de Dieu. Ils sont les mêmes au point de vue de la victime offerte et de ce qui est contenu dans l'Eucharistie.

(^) Il ne diffère qu'accidentellement du sacrifice de la dernière Cène, en ce sens que le Christ, à la dernière Cène, était offert comme encore mortel et Viator^ et conséquemment d'une manière méritoire et satisfactoire. A la messe, le Christ est immortel; et le sacrifice de la messe, de la part du Christ, n'est ni méritoire, ni satisfactoire, mais une nouvelle présentation des mérites et de la satisfaction que le Christ a une fois pour toutes acquis par sa mort. ^

I J'expliquerai plus tard en quel sens on dit qu'il est satisfactoire.

34^ LES SACREMENTS EXPLiaUÉS

(4) Il ne diffère pas essentiellement du sacrifice de la croix, parce que, dans Tun et l'autre, c'est la même victime ou hostie, et le même principal ministre. Mais il en diffère accidentellement dans la manière dont il est offert : le Christ sur la croix s'est offert sous l'espèce de son humanité, comme mortel et passible, d'une manière sanglante, méritoire et satisfactoire ; à la messe, il s'offre sous les espèces du pain et du vin, comme immortel, impassible, et d'une manière non sanglante. Le sacrifice n'est ni méritoire ni satisfactoire du côté du Christ; mais on dit qu'il l'est seulement en ce sens qu'il nous applique les mérites et la satisfaction du Christ.

9. CE SACRIFICE EST SUBSTANTIELLEMENT ET RÉELLEMENT LE MÊME QUE CELUI DE LA CROIX

C'est cependant le même sacrifice que celui de la croix, suivant l'enseignement du Concile de Trente. ^

« Dans le sacrifice de la messe est contenu et immolé, d'une manière non sanglante, le même Jésus-Christ qui s'est offert une fois comme victime sanglante sur l'autel de la cvo\± ; à la messe, la victime est la même, et le principal prêtre est le même que sur la croix ; la seule différence est dans le mode d'oblation. Les mérites ou les fruits du sacrifice sanglant de la croix sont abondamment communiqués aux âmes par le sacrifice non sanglant de la messe. »

La messe est donc une continuation du sacrifice de la croix pour nous permettre de participer à la grande victime du Calvaire. Ce sacrifice fut d'abord offert au moment de

I CONCIL. DE Tr, SESS. XXII. ch. II.

rinstitution de la Sainte Eucharistie, puis consommé sur la croix, et il se perpétue devant le trône de la miséricorde dans le ciel, et, à travers le monde, sur les autels de l'Eglise. C'est pourquoi ces paroles du pieux à Kempis : « Toutes les fois que vous célébrez ce mystère, et que vous recevez le corps de Jésus-Christ, vous renouvelez Tœuvre de votre rédemption et participez à tous les mérites de Jésus-Christ. Car la charité de Jésus-Christ ne diminue jamais, et sa propitiation infinie jamais ne s'épuise. Chaque fois que vous célébrez, ou que vous entendez la messe, 'ce mystère doit vous paraître aussi grand, aussi nouveau, aussi aimable, que si, ce même jour, Jésus-Christ, descendu pour la première fois dans le sein de la Vierge, se faisait homme, ou que, suspendu à la croix, il souffrait et mourait pour le salut des hommes. » ^

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