NÉCESSITÉ DE LA VERTU DE PÉNITENCE
(i) Necessitate medii, et (2) Necessitate prœcepti
Le Concile de Trente ^ enseigne que la pénitence est nécessaire « à tous ceux qui, à quelque âge que ce soit, ont souillé leur âme du péché mortel, » afin de recouvrer la grâce et la justice.
(i) La vertu de pénitence est nécessaire comme un moyen y} .y^ indispensable (necessitate medii) pour obtenir la rémission des péchés. « Si vous ne faites pénitence, dit notre divin Sauveur, vous périrez tous pareillement. »La raison nous l'enseigne aussi clairement: il est évident que Dieu ne peut pas remettre . Tofifense que le péché lui a faite, si le pécheur ne change pas de volonté. Le pécheur restant dans son état voudrait être/v^r-^*^ aimé et récompensé de Dieu ; il voudrait en même temps ^-^v*^^ être l'ami de Dieu, et s'obstiner dans son péché, ce qui est impossible. L'offense du péché mortel naît de ce fait que la volonté humaine s'éloigne de Dieu pour se tourner vers un bien changeant et terrestre. D'où il suit que pour obtenir la rémission de cette offense, il est nécessaire que la volonté revienne à Dieu, qu'elle déteste \q péché, et prenne la
1 Concile de Tr. Sess. vi. can. 3.
2 Ibid. Sess. xiv. ch. iv.
372 LES SACREMENTS EXPLia^ÉS
résolution de s'amender ; c'est en quoi consiste la vertu de pénitence.
(2) Elle est aussi nécessaire en vertu d'un précepte (neces-
ifte^f^^ s it ate prœcepti)^ qui oblige par lui-même^ ou par accident^ tous ceux qui se sont rendus coupables de péché mortel. Ce précepte oblige par liii-niènie (per se) à l'heure de la mort, ou dans un danger sérieux de mort, ou de la perte de la
• raison. Bien que rattrition suffise avec le sacrement pour
obtenir la rémission du péché, et bien que, rigoureusement parlant, on ne soit pas tenu à la contrition, quand on peut recevoir le sacrement, qui est l'acte du repentir ou de la pénitence, on doit quand même conseiller la contrition comme un acte de charité, à l'heure de la mort ou dans un danger grave.
Quand et à quel moment ce précepte oblige-t-il par luimême pendant la vie, c'est un point qui n'est pas fixé. Il est certain qu'il n'oblige pas aussitôt qu'on a péché, ni chaque fois qu'on se rappelle le péché commis, parce que, dans ce cas, l'homme serait toujours justifié avant d'aller se confesser.
Il oblige p^ZJL££idens^ toutes les fois que devient obligatoire
u^^^^ un autre précepte qu'on ne peut pas accomplir sans être en état de grâce, et, par conséquent, sans le repentir.
3. GRACE SUFFISANTE TOUJOURS OFFERTE AU PÉCHEUR POUR qu'il PUISSE SE REPENTIR
Il ne faut point supposer que les pécheurs, même endurcis, n'ont pas à leur disposition et en tout temps la grâce suffisante pour se repentir. Pour le moment et le lieu, la grâce, au moins médiatement suffisante, leur est offerte pour qu'ils
puissent se repentir, comme le dit saint Pierre dans son Epitre : « Ainsi le Seigneur n'a point retardé sa promesse, > comme quelques-uns se l'imaginent : mais c'est qu'il vous / /,^t attend avec patience, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais 1 que tous retournent à la pénitence. » ^
Très souvent Dieu invite tous les hommes au salut et au repentir; conséquemment, nous devons supposer que la grâce leur est offerte conformément à sa promesse ; autrement le repentir ne serait pas possible. Il est écrit tout spécialement au sujet des pécheurs endurcis dans l'Epitre de saint Paul aux Romains : « Est-ce que vous méprisez les richesses de sa"^ bonté, de sa patience et de sa longue tolérance ? Ne savez- lX^-\^ vous pas que la bonté de Dieu vous invite à la pénitence? » ^j
On dit que la grâce est mcdiatement suffisante dans le sens des paroles du Concile de Trente : « Dieu, en ordonnant, vous engage à faire ce que vous pouvez, et à demander ce que vous ne pouvez pas faire, et il vous accorde le secours pour faire ce qui est hors de votre pouvoir, » — Deiis jubendo facere qiiod possis^ et petere qitod non possi's et adjuvat ut possis.