‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 235 sur 392 · DE PENITENCE · texte numérisé non relu

DE PENITENCE

Je terminerai ce chapitre par l'explication que donne le D' Lingard dans ses notes sur le catéchisme.

(i) Péchés commis après le baptême. — Tous les premiers chrétiens étaient convertis du judaïsme ou du paganisme. Instruits par les Apôtres, ils avaient reçu le Baptême, et par ce sacrement obtenu la rémission de leurs péchés antérieurs. Ils étaient du nombre de ceux dont Notre Seigneur a dit : « Celui qui croira, et qui sera baptisé, sera sauvé. » ^

Il est évident que pour ce bienfait ils étaient redevables, non pas à leurs mérites personnels, mais à la miséricorde de Dieu. « Il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous avons faites, mais à cause de sa miséricorde, par Teau de la renaissance, et par le renouvellement du Saint- Esprit. » 2 C'est pour cela que saint Paul, dans ses Epîtres, rappelle constamment à ces chrétiens qu'ils ont été justifiés, non par les œuvres qu'ils ont faites pendant qu'ils étaient juifs ou païens, mais par la foi dans le Christ, qui les a amenés à la grâce du baptême. Tel est le vrai sens de la justification par la foi, et non par les oeuvres. Ils avaient

I S. Marc. xvi. 16.

1 TlT. III. 5,

ainsi « été justifiés par la grâce de Dieu, et ils étaient devenus les héritiers de la vie éternelle, selon l'espérance. » ^

Tout cela nous apprend de plus dans quel sens on disait qu'ils « avaient été sauvés » par la justification reçue au baptême. Ils ont été arrachés de la foule immense des pécheurs, et mis au nombre de ceux qui étaient les héritiers de la vie éternelle, — non les héritiers en possession actuelle, mais « héritiers selon l'espérance. » Encore était-il possible qu'ils arrivent à perdre leur héritage. Ils le perdraient, s'ils retombaient dans les pratiques coupables de leur vie antérieure. Actuellement, il en est qui y retombent, et qui « se conduisent en ennemis de la croix du Christ ; » ^ leur fin sera la damnation éternelle.

Or, ces personnes avaient déjà obtenu au Baptême la rémission des péchés qu'elles avaient commis avant de recevoir ce sacrement. Aurait-on pu les baptiser de nouveau pour qu'elles obtiennent la rémission des péchés commis ultérieurement? Non, «car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don du ciel, qui ont été rendus participants du Saint-Esprit ; et qui après cela sont tombés, se renouvellent (soient baptisés de nouveau) par la pénitence, parce qu'ils crucifient de nouveau en eux-mêmes le Fils de Dieu et l'exposent encore à l'ignominie. » 3 « Car il eût été meilleur de n'avoir point connu la voie de la justice, que de retourner en arrière après l'avoir connue, et d'abandonner la voie sainte qui leur avait été prescrite. » 4 Fallait-il donc qu'ils désespèrent d'obtenir leur pardon? Non, bien

1 TiT. m. 7.

2 Phil. m. 18.

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