QUALITÉS DE LA CONTRITION : SUPRÊME OU SOUVERAINE
La contrition, — c'est-à-dire la douleur qui est dans la volonté, — doit être souveraine en appréciation ou en estimation, de sorte que le pécheur, considérant le péché comme le plus grand des maux, n'éprouve pour rien autre une douleur pareille à celle que lui inspire son péché, et qu'il se sente disposé à tout souffrir plutôt que de se rendre coupable d'une faute mortelle. Notre Sauveur a dit que celui qui aime son père ou sa mère plus que lui n'est pas digne de lui. Et, d'après l'enseignement du Concile de Trente, ^ la contrition doit exclure la volonté de pécher et toute affection au péché, ce qui ne saurait être, si on ne déteste pas le péché comme le plus grand des maux. La raison nous dit en effet qu'il n'y a pas de plus grand mal que le péché mortel, puisqu'il nous prive du bien le plus précieux, qu'il mérite l'enfer ; et, par conséquent, la volonté doit le détester plus qu'aucun autre mal. Le péché véniel ne mérite pas l'enfer, mais il offense Dieu, qui est d'une sainteté infinie, d'une bonté infinie; il est donc le plus grand mal après le péché mortel.
Il n'est pas besoin que la douleur soit la plus grande possible en intensité, — c'est-à-dire, dans le sentiment, la véhémence et l'effort de la volonté relativement au péché ; ni qu'elle soit absolue, — c'est-à-dire que la douleur atteigne
I CONC. DE Tr., SeSS. XIV., cll. IV.