O LES SACREMENTS EXPLIQUÉS
le plus haut degré possible d'intensité, — ni relativement ou comparativement, c'est-à-dire que la douleur doive être plus intense qu'aucune autre douleur de la volonté. L'intensité d'un acte n'en change pas la nature, et la contrition qui est appréciativement souveraine est essentiellement la contrition. Aucune intensité de sentiment n'est requise dans les actes de foi, d'espérance et de charité; il en est donc de même pour la contrition. Aucune intensité de sentiment n'est requise pour commettre un acte de péché ; nulle intensité n'est donc requise dans l'acte de repentir. C'est pourquoi saint Thomas nous avertit que, quand on parle de la contrition comme suprême, il ne faut point suggérer des tentations telles que celles-ci, qu'on voudrait perdre tout, ou être consumé par le feu plutôt que de commettre le péché.
On demande si une personne peut avoir une douleur trop grande : il faut distinguer. Si nous considérons la douleur en elle-même et dans sa nature, elle ne saurait être excessive ; mais la douleur ou l'affliction causée par le péché pourrait être trop grande ou excessive en ce sens qu'elle porterait à des mortifications corporelles exagérées.
On demande encore si la contrition devrait être plus grande pour un péché que pour un autre ? En ce sens que la contrition correspond à chaque péché séparément et distinctement, il est nécessaire qu'elle soit plus grande pour le péché plus grave. Mais, d'autre part, comme la contrition peut avoir pour objet tous les péchés commis, pris dans leur ensemble, il suffit d'éprouver delà douleur pour toutes ses fautes, parce qu'elles offensent Dieu. Celui, en effet, qui est contrit d'avoir offensé Dieu, l'est implicitement pour ses différents péchés dont chacun a fait une offense à Dieu.
LE SACREMENT DE PhNITENCE 40 1