EFFICACE
Le ferme propos, pour être réel, doit être revêtu de trois qualités : il doit être ferme^ universel, et efficace.
(i) Ferme. Ce qui veut dire que le pénitent doit être disposé de telle sorte que pour rien au monde il ne voudrait offenser Dieu ; que rien ne pourrait le décider à pécher, ni avantage temporel, ni calamité, ni souffrance. Sans cette disposition, il n'y a pas de véritable contrition. La conversion exige en effet la destruction totale de la volonté de pécher, dans tous les cas et dans toutes les circonstances possibles.
Il est nécessaire de remarquer que la crainte de retomber dans le péché, par suite de la faiblesse humaine ou de
Texpérience du passé, n'infirme en rien la résolution de s'amender, et n'est pas incompatible avec elle.
(2) // doit être universel ; — c'est-à-dire, s'étendre au moins à tous les péchés mortels. Pour les péchés véniels, il suffit d'avoir la contrition de l'un ou de quelques-uns d'entre eux, par exemple, de ne pas se laisser aller à la colère, au mensonge, au manque de charité. Il est beaucoup mieux, toutefois, de se proposer d'éviter tous les péchés véniels de propos délibéré.
(3) Le ferme propos doit être efficace. — Le pénitent doit avoir la résolution, non seulement d'éviter le péché, mais, aussi de prendre tous les moyens et toutes les précautions) nécessaires pour l'éviter. Il doit donc être disposé à se corriger, à faire tous ses efforts pour vaincre ses mauvaises habitudes, et pour fuir toutes les occasions prochaines du péché.
Le vrai ferme propos se manifestera dans nos actions, par un réel changement de vie. La prière, la vigilance sur soi-même, les efforts constants pour pratiquer les vertus contraires aux vices qui ont causé la chute du pénitent, la fuite des lieux, des personnes et des choses qui lui ont donné l'occasion de pécher, ou l'ont exposé au danger, — tels sont les signes d'un sincère et véritable ferme propos.
Retomber dans le péché n'est pas toujours une marque que le ferme propos n'était pas sincère, mais indique simplement que la volonté a changé. Des chutes réitérées et la négligence à prendre les moyens d'éviter le péché ne peuvent guère faire supposer autre chose que le défaut de sincérité dans la résolution ou le ferme propos.
7. LES MOYENS d'OBTENIR DE DIEU UNE CONTRITION SINCÈRE SONT DE CONSIDÉRER : (l) L'OFFENSE QUE LE PECHE FAIT A DIEU : (2) LES BIENFAITS DE DIEU ; (3) LA PASSION DU CHRIST ; (4) LES FINS DERNIÈRES ; (5) LA MALICE ET LA LAIDEUR DU PÉCHÉ.
Avant de terminer cette instruction, il est nécessaire de nous arrêter quelques instants aux moyens d'obtenir une sincère contrition, et aux considérations qui sont de nature à nous l'inspirer.
Notre premier devoir à ce point de vue, c'est de demander avec ferveur à Dieu qu'il daigne nous accorder la grâce d'une vraie contrition, et, comme le recommande le catéchisme, de considérer :
(i) L'injure ou l'insulte que le péché fait à Dieu, qui est par lui-même d'une bonté infinie. Le péché mortel lui cause une injure très grave, parce que, en le commettant, nous méprisons ce Dieu de majesté, et lui préférons nos mauvais désirs et nos passions perverses.
(2) Les bienfaits de Dieu et notre ingratitude. — Il serait bon de réfléchir que nous avons reçu de Dieu des faveurs et des grâces sans nombre, qui exigeraient notre reconnaissance. Il nous a créés, et il nous a rachetés. Chaque jour et à tout instant il nous préserve de la mort; il nous a sauvés même au moment où, peut-être, nous étions aux portes de l'enfer par suite de fautes mortelles. Nous devrions donc être reconnaissants envers Dieu qui nous a donné le temps de nous repentir, revenir sans retard et en toute sincérité.
(3) La passion du Christ. — Voilà un puissant motif de nous exciter à la douleur de nos fautes, par lesquelles « nous
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crucifions de nouveau le Fils de Dieu. » « Après avoir considéré attentivement que le Fils de Dieu est mort pour nos péchés, et avoir réfléchi pendant quelque temps sur la grandeur et la variété de ses souff'rances, nous pourrions avec ferveur et componction du cœur lui adresser cette prière : — ^« O très doux Jésus, je vous en supplie, par votre agonie, au 'Jardin des oliviers, par votre si cruel couronnement d'épines, par les peines que vous avez endurées en portant votre croix, par votre crucifiement, par les trois heures de votre triste agonie, et enfin, par l'extrême douleur que vous ressentîtes en rendant votre dernier soupir, je vous en supplie, ayez pitié de moi, faites-moi la grâce d'avoir un véritable repentir de tous les péchés de ma vie passée, et la grâce de persévérer jusqu'à la mort sans jamais vous offenser. »
(4) La considération des fins dernières, la mort, le jugement, l'enfer et le paradis. Dans ces réflexions, il est à propos d'insister particulièrement sur les conséquences du péché,, la perte du ciel et les peines éternelles de l'enfer.
(5) La laideur et la malice du péché, c'est-à-dire, la corruption et la dépravation que le péché cause à l'âme, ce péché qui fait d'une âme rayonnante de beauté un monstre hideux, et d'un enfant de Dieu un enfant de Satan.
Le plus puissant de tous ces motifs pour exciter la contrition dans nôtre âcne, c'est la pensée d'avoir offensé Dieu, qui est infiniment bon et infiniment parfait, parce que cette pensée nous inspire les actes du plus pur amour de Dieu. La contrition parfaite, procédant purement de l'amour de Dieu a cette vertu spéciale : elle obtient le pardon immédiat des péchés, même avant Ja confession. Cependant, s'il s'agit. de fautes mortelles, bien iqu'ellès soienfpardonnées,. nous restons rigoureusement tenus de les confesser ensuite. r