SUR QUOI IL FAUT S EXAMINER, ET CONSEILS POUR LE FAIRE
Il faut examiner sa conscience sur les commandements de Dieu et de l'Eglise, sur les sept péchés capitaux et sur les devoirs de son état. En passant en revue chacun de ces points, on se rappellera facilement où l'on a manqué par pensée, par parole, par action ou par omission.
Pour faciliter la recherche de ses péchés, il est utile de se rappeler les endroits où l'on a été, les personnes qu'on a fréquentées, et les occupations auxquelles on a dû se livrer.
Nous trouverons un secours plus précieux encore dans la lecture attentive d'un formulaire d'examen de conscience, comme on en trouve dans les manuels de dévotion, et, mieux encore, dans l'examen quotidien de notre conscience.
On dit quelquefois en style figuré que la conscience est un livre ; on peut la comparer à un carnet ou à un agenda dans lequel un homme d'affaires écrit chaque jour ses dépenses. Nous devrions ainsi tenir un compte exact de notre conscience : à la fin de la semaine, du mois ou de Tannée, nous pourrions facilement établir la balance, de sorte que nos comptes seraient absolument exacts et en règle, à la fin de notre temps au service de Dieu.
Après Fexamen de conscience, nous devons nous exciter à la contrition en méditant sur les motifs propres à nous l'inspirer, et que nous avons exposés précédemment. Qu'il me soit permis d'ajouter quelques mots sur la manière de se confesser, et sur l'acte de contrition qu'il est recommandé de faire avant de se confesser.
4. MANIÈRE DE SE CONFESSER. ORDINAIREMENT ON DOIT SE CONFESSER EN PAROLES, NON EN ÉCRIVANT A UN CONFES- SEUR ABSENT.
La confession sacramentelle doit se faire habituellement en paroles, parce que c'est le moyen ordinaire de manifester nos pensées : les autres moyens ne s'acceptant que comme compléments ou suppléments de celui-ci. Il est cependant permis d'écrire ses péchés, si on a une trop vive inquiétude, trop de honte, ou une grande difficulté à parler.
J'ai dit habituellement^ parce que les muets qui n'ont pas connaissance du langage, peuvent faire leur confession par écrit, par signes, ou même par un interprête. Il n'y a aucune obligation de se confesser par interprête; et, d'après quelques auteurs, il n'y a pas obligation d'écrire sa confession, si on ne peut pas la faire verbalement. Saint Alphonse, cependant,
regarde comme commune et plus probable l'opinion qui affirme qu'on doit l'écrire, s'il n'y a aucun danger de manifestation, ou aucun autre inconvénient grave. Et il n'y a aucun danger de manifestation, si l'écrit est immédiatement brûlé ou détruit.
Une personne ne peut pas faire une confession sacramentelle en écrivant à un confesseur absent, ni obtenir de ce confesseur une absolution. Clément VIII a condamné, en 1602, une proposition affirmant le contraire.' La confession faite par écrit à un confesseur absent n'est pas sacramentelle; et, pour recevoir l'absolution, il faut qu'il y ait présence morale entre le pénitent et le confesseur. Il y a présence morale quand deux hommes peuvent converser ensemble, lors même que ce serait à haute voix. Plusieurs théologiens permettent vingt mètres ; mais, dans un cas de nécessité, un pénitent doit être absous s'il est à la portée d'un sens, — de l'ouïe ou de la vue.