QUAND ON PEUT CHANGER LA PÉNITENCE
Il peut arriver parfois que des pénitents aient besoin qu'on change leur pénitence. Il faut se rappeler pour cela que trois choses sont nécessaires: (i) L'autorité du confesseur ; (2) un juste motif; (3) que ce changement se fasse au saint tribunal.
La première condition peut être remplie par le même confesseur ou par un autre. Si c'est par le même, il n'y a pas besoin de renouveler la confession; si c'est par un autre, il doit avoir connaissance et de la pénitence antérieure et de la raison ou des motifs qui en font désirer le changement; et aussi, d'après quelques auteurs, de la confession qui doit être réitérée. Saint Alphonse appelle cependant l'opinion contraire à ce dernier point satis probabilis. (N. ^29).
Pour le juste motif, le confesseur se rendra compte de la difficulté d'accomplir la première pénitence, par exemple, de la faiblesse ou de l'impossibilité où se trouve le pénitent, et il se laissera guider par les règles sur la pénitence à imposer.
Ce changement devrait se faire, disons-nous, au tribunal de la pénitence. Ce point est certain dans le cas d'un autre confesseur; mais le même confesseur peut changer la pénitence aussitôt après qu'il a donné l'absolution, parce que son jugement reste le même et persévère moralement. D'après saint Alphonse cependant, il ne peut pas modifier la pénitence hors du saint tribunal, après que le pénitent en est sorti. D'autres auteurs affirment qu'il le peut même dans ce cas.
L'opinion la plus commune veut que, quand la pénitence a été changée comme nous venons de l'expliquer, le pénitent
reste libre de revenir à la première sans aucune offense à l'égard de l'obligation sacramentelle.
Non seulement il est permis de changer une pénitence, mais dans certains cas son obligation peut cesser tout à fait. Par exemple, si l'absolution était invalide pour une cause quelconque; s'il était impossible moralement ou physiquement de l'accomplir: tel serait le cas si l'on venait à oublier complètement sa pénitence. On conseille alors de demander une autre pénitence, si on peut le faire convenablement. Saint Alphonse dit qu'il est plus probable qu'il n'y a là aucune obligation.