LE CONTRAT ÉLEVÉ PAR NOTRE SEIGNEUR A LA DIGNITÉ DE SACREMENT
Comme sacrement, le mariage remonte à Notre Seigneur, qui éleva le contrat naturel à la dignité de sacrement et lui donna le pouvoir de produire la grâce.
On ne sait pas très exactement à quelle époque Notre Seigneur institua ce sacrement. Certains auteurs croient que ce fut lorsqu'il dit, en parlant du mariage : « Celui qui créa l'homme au commencement, créa un homme et une femme...
Que Thomme donc ne sépare point ce que Dieu a joint. » ^ D'autres croient qu'il réleva à la dignité de sacrement aux noces de Cana en Galilée. ^ D'autres enfin veulent que Notre Seigneur ne l'ait mis au nombre des sacrements qu'après sa résurrection, lorsqu'il parlait à ses disciples du royaume de Dieu. 3
Les propositions opposées à cet enseignement sont condamnées dans le Syllabus de Pie IX. 4
On dit que le mariage entre chrétiens est un sacrement, parce que entre infidèles et personnes non baptisées, il ne peut y avoir sacrement. Ces personnes sont incapables de recevoir aucun autre sacrement avant le baptême. D'où il suit que, toutes les fois que des chrétiens font validement un contrat de mariage, il faut qu'ils reçoivent en même temps le sacrement qui en est inséparable, que ces chrétiens soient hérétiques ou catholiques, que le mariage ait lieu dans une église catholique ou devant un ministre protestant, ou dans le bureau d'un officier civil. Si le mariage est valide et si les parties contractantes sont baptisées, elles ont reçu le sacrement.
Quand, en vertu d'une dispense pontificale, un chrétien épouse une infidèle, il n'est pas certain que le chrétien reçoive le sacrement. Il n'est pas sûr, en effet, que l'une des parties puisse recevoir le sacrement sans l'autre. La partie infidèle ne le reçoit certainement pas : de là le doute au sujet du conjoint qui est baptisé.
1 S. Mat. XIX. 4, 6.