L AUTORITE QUI PEUT LEGITIMEMENT PRONONCER CETTE SÉPARATION
On se demande quelle est l'autorité qui peut prononcer une telle séparation.
En règle générale, ces séparations ont presque toujours lieu, non par suite d'un accord mutuel des époux, mais par l'autorité du juge ecclésiastique, l'évêque ou son officialité. Cependant, Géraldin, canoniste célèbre, écrit avec beaucoup de raison : « 11 est vrai que ces séparations ne peuvent être prononcées que par l'autorité du juge, lorsqu'il est question d'une séparation à vie. Mais je crois qu'elles peuvent avoir lieu par l'autorité privée des conjoints pour un temps déterminé, à cause des dangers pour l'âme et pour le corps qu'on ne pourrait éviter autrement ; et aussi en vue de voir si le conjoint coupable d'adultère donnerait des signes de repentir ; pourvu, cependant, que cette séparation de son autorité privée soit faite sans scandale, et sur l'avis du confesseur, ou de quelque autre personne prudente. » ^
Nous poserons donc les conclusions suivantes :
I Voy. Smith « Eléments de législation ecclésiastique^ » vol. ii p. 388.
^92 LES SACREMENTS EXPLiaUiiS
(i) La séparation quoad tliorum peut, pour un bon motif et pour un temps, avoir lieu par l'autorité privée des conjoints.
(2) La séparation quoad thorum et mensam peut avoir lieu par cette même autorité en cas d'adultère notoire ; et même, d'après saint Alphonse, en cas d'adultère secret, pourvu qu'il soit certain, surtout si c'est la femme qui est coupable ; et en cas d'hérésie. Mais, en pratique, dans tous ces cas, pour éviter le scandale, on doit s'adresser à l'autorité ecclésiastique compétente. On doit toujours s'y adresser quand il s'agit d'obtenir une séparation perpétuelle, qui ne s'accorde que pour cause d'adultère.