‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 389 sur 392 · I. ESSAI D'iNSTRtTCTIOX AVANT LE MARIAGE · texte numérisé non relu

I. ESSAI D'iNSTRtTCTIOX AVANT LE MARIAGE

Voici lin essai d" instruction sur le sacrement de Mariage, (extrait d'un ouvrage intitulé « Le Mariage », par le Rév. C. M. Wood, ch. xx) :

« Le saint état du mariage fut institué par le Tout-Puissant au commencement du monde; et, sous la loi de nature, il était honoré de grâces particulières. Dieu créa l'homme à

son image; il créa Thomme et la femme, et il les bénit en disant : « Croissez et multipliez-vous, et remplissez la terre. » *

« Sous la loi mosaïque, le Tout-Puissant proclama plus distinctement la dignité et les obligations du mariage. Plus tard, sous la loi chrétienne, notre divin Rédempteur sanctifia encore davantage cet état: d'un contrat naturel et civil, il l'éleva à la dignité de sacrement. Saint Paul nous déclare qu'il représente l'union sacrée que Jésus-Christ a formée avec l'Eglise, son Epouse: « Ce sacrement est grand; je dis en Jésus-Christ et en l'Eglise. » ^

c< Ce sacrement a été institué par Jésus-Christ, afin de donner à ceux qui embrassent la vie de mariage une grâce toute spéciale qui les rend capables de remplir dignement tous les devoirs qui leur incombent. Cette grâce leur permet de vivre dans la paix, dans l'union, et dans un amour réciproque. Elle fortifie et purifie cette affection naturelle qui, fondée sur la vertu, et sanctionnée par la religion, peut seule assurer le bonheur des époux. Elle est un frein à l'inconstance du cœur. Elle modère les emportements du caractère, et met les époux en état de supporter les défauts l'un de l'autre avec la même indulgence que s'ils étaient les siens. Cette grâce entretient en eux les sentiments d'un mutuel respect, la force de se garder réciproquement une inviolable fidélité, et de vaincre les désirs coupables. Elle leur donne le moyen de subjuguer ou de régler les mouvements de la concupiscence, d'éviter tout ce qui ne conviendrait pas à la sainteté de leur état, qui comporte et exige une innocence et une pureté, aussi nécessaire chez les personnes mariées que chez les autres. De plus, elle les met à même de remplir le plus

1 Gen. I. 27, 28.

2 Ephes. V. 32.

important de leurs devoirs, celui d'élever leurs enfants dans la crainte et l'amour de Dieu ; car les devoirs qu'impose le mariage ne peuvent s'accomplir qu'au prix de généreux efforts, lesquels ne seront efficaces que par la vertu des grâces et des bénédictions de Dieu.

« C'est pourquoi, ceux qui veulent embrasser cet état ne doivent procéder qu'avec la plus grande prudence, et s'y préparer le mieux possible, afin d'obtenir du Tout-Puissant ces grâces précieuses et abondantes.

« (i) Ils doivent implorer le secours divin, par des prières ferventes et pieuses, afin qu'il les guide dans le choix de la personne que la Providence leur destine; car c'est du choix qu'ils feront que dépend leur bonheur de la vie présente et de la vie future. Ils se laisseront diriger par le bon caractère et par les dispositions vertueuses de la personne qu'ils ont en vue, plutôt que par les richesses, par la beauté, ou par toute autre considération mondaine, qui ne doivent être que des choses secondaires.

« (2) Ils embrasseront ce saint état avec l'intention pure de travailler à l'honneur et à la gloire de Dieu, comme à leur propre sanctification, sans s'arrêter à des motifs purement terrestres ou aux satisfactions des sens.

« (3) Qu'ils aient donc soin de choisir une personne de leur propre religion ; car l'Eglise catholique a toujours, par tous les moyens en son pouvoir, dissuadé des mariages mixtes : et l'expérience montre que le manque d'union dans la foi, chez les époux, est trop souvent suivi des plus tristes conséquences pour eux et pour leurs enfants. Une personne catholique qui en épouse une d'une religion différente ne doit jamais admettre une condition qui s'opposerait à ce que tous les enfants soieat élevés dans la vraie foi.

« (4) Avant de s'engager trop avant dans une affaire de si haute importance, que les jeunes gens s'assurent qu'aucun empêchement ne s'oppose à leur union. Il y a devoir rigoureux pour les parents de prévenir une grande intimité de leurs enfants avec leurs proches à un degré prohibé ; c'est-àdire cousins du premier, du second et du troisième degré.

« (5) Ceux qui ont l'intention de se marier, doivent prendre conseils de leurs parents, de leurs tuteurs, etc..

« (6) Ceux qui font des visites en vue d'un prochain mariage, prendront garde de ne jamais se permettre des fafniliarités légères. Il y aurait péché à cela, et ce serait attirer sur eux la juste colère de Dieu, au lieu des bénédictions dont ils ont si grand besoin.

« (7) Il leur est aussi conseillé, quelque temps avant leur mariage, de faire connaître leurs intentions à leur confesseur, afin qu'il puisse trouver le temps et l'occasion de les préparer de la manière la plus utile, de leur apprendre les devoirs et les obligations qu'ils vont s'imposer par la vie qu'ils se proposent d'embrasser.

« (8) Ils doivent obtenir le pardon de leurs péchés par une digne confession en s'approchant du sacrement de pénitence. S'ils recevaient le sacrement de mariagesans avoirlaconscience pure, ils se priveraient de la grâce du sacrement, et se rendraient coupables d'une profanation sacrilège.

« (9) L'Eglise, toujours pleine de sollicitude pour le bien de ses enfants, les exhorte, au Concile de Trente, ^ à recevoir avec piété la sainte communion avant leur mariage.

« (10) Au moment du mariage, on doit s'approcher de l'autel avec respect et recueillement. C'est là, en présence de

I CoNC. DE Tr., sess. XXIV., ch. i.

(yyO LES SACREMENTS EXPLIQUÉS

Dieu et de son Eglise, que les époux vont faire ce contrat, prendre cet engagement solennel, que la mort seule peut rompre. Ils doivent donc recevoir la bénédiction du ministre de Dieu avec humilité et avec une piété sincère.

« (i i) Q.uand les mariés quittent l'église, ils doivent être pénétrés des sentiments d'un profond respect pour le grand sacrement qu'ils viennent de recevoir, et de reconnaissance envers Dieu pour ses miséricordes. Il faudrait passer la journée de manière à ne point perdre les grâces reçues le matin. Comme il serait bon pour eux de célébrer leur mariage à l'exemple de Tobie, dans la crainte du Seigneur, et de se comporter au milieu de leurs amis comme si Jésus-Christ était un de leurs hôtes, comme il le fut aux noces de Cana î On devrait donc apporter un soin tout particulier à ne pas profaner le jour béni du mariage par des dissipations, des intempérances, des propos malséants, des plaisanteries indélicates, qui ne conviennent en aucun temps, mais moins encore en une circonstance si sainte et si importante.

« (12) Que les époux réfléchissent souvent sur leurs devoirs et sur les obligations que leur trace la parole de Dieu :

« Et vous, maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré lui-même pour elle... Ainsi les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. » ^

« Et vous de même, vivez sagement avec vos femmes, les traitant avec honneur et discrétion, comme le sexe le plus faible, et considérant qu'elles sont avec vous héritières de la grâce qui donne la vie. » -

1 Ephes. V. 25, 28.

2 I S, Pet. III, 7.

« Q,ue les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur: parce que le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l'Eglise ;... comme donc l'Eglise est soumise au Christ, les femmes aussi doivent être soumises en tout à leurs maris. » ^

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