‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 41 sur 392 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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\ . Le principe général : Dieu accorde à tous les hommes la grâce nécessaire pour parvenir au salut; — preuves et explications.

2. La grâce accordée aux justes pour qu'ils puissent observer les Com-

mandements.

3. La grâce accordée aux pécheurs pour qu'ils puissent dans la suite éviter

le péché, et se repentir des péchés déjà commis.

4. Le cas des pécheurs obstinés et endurcis : explication de la doctrme

catholique sur ce point.

5. Grâce offerte aux infidèles : exposition et preuves de la doctrine.

6. En quel sens on peut dire que les enfants qui meurent sans baptême

sont pourvus des moyens du salut.

I. LE PRINCIPE GÉNÉRAL : DIEU ACCORDE A TOUS LES HOMMES LA GRACE NECESSAIRE POtlR PARVENIR AU SALUT; — PREUVES ET EXPLICATIONS

Puisque la grâce de Dieu est absolument nécessaire, il s'en suit que Dieu accorde son assistance à tous autant qu'ils en ont besoin pour atteindre leur fin. Dieu a créé Thomme pour une fin surnaturelle, que nous ne pouvons atteindre par des moyens naturels ; il a menacé de terribles châtiments ceux qui manqueraient d'arriver à cette fin : donc, il a daigné accorder à tous ce secours surnaturel dont ils ont besoin. Il ne peut pas commander ce qui est impossible, et il ne peut pas nous punir pour ce qu'il nous est impossible d'accomplir. Mais, comme le dit le Concile de Trente, quand Dieu ordonne, il veut en même temps que nous fassions ce que nous pouvons faire, et que nous lui demandions assistance pour ce que nous ne pouvons, et il nous aidera à le faire. ^

Cet enseignement de l'Eglise se déduit des paroles de saint Paul à Timothée : « Je vous conjure donc, avant toutes choses, que l'on fasse des supplications, des prières, des demandes et des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité... — Car cela est bon et agréable à Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité. Car il n'y a qu'un Dieu, et qu'un médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ, homme,

I Sess. VI. cap. 44.

32 LES SACREMENTS EXPLIQ.UÉS

qui s'est livré lui-même pour la rédemption de tous, rendant témoignage dans le temps qui avait été marqué. » ^

C'est l'enseignement' commun parmi les catholiques que Dieu veut le salut de tous les hommes. Cette volonté de Dieu est une volonté réelle de son beneplacitnm, de son bon plaisir, bien qu'elle soit antécédente relativement à ceux qui seront sauvés. Il a donné une preuve irréfragable de cette volonté réelle en envoyant son divin Fils pour nous racheter. Puis, le Christ est mort pour tous, et a payé la rançon de tous en versant son Précieux Sang pour tous, comme nous l'exprimons dans le Credo : « Qjii propter nos homines et propter nostrarn salutem descendit de cœlis : Q.ui pour nous autres hommes et pour notre salut est descendu du ciel, » etc.

Comme nul ne saurait être sauvé sans la grâce, il s'en suit, de toute nécessité que Dieu offre à tous la grâce nécessaire ; autrement, nous pourrions accuser de contradiction Dieu et sa providence, puisque nous le supposerions, d'une part, vouloir notre salut, et, d'autre part, nous laisser sans les moyens nécessaires pour l'obtenir.

Les catholiques étaient, et sont absolument satisfaits de cette doctrine claire et rationnelle, qui apporte à l'esprit des idées nettes sur la justice de Dieu et sur sa miséricorde dans sa manière de traiter ses créatures raisonnables. Ils ne demandent aucune autre démonstration que celle qui leur affirme et leur prouve le principe général, que Dieu donne à tous, sans exception, la grâce qui est nécessaire pour le salut. Mais comme divers hérétiques et nombre de sectaires ont inventé sur ce point différentes distinctions, et ont nié tour à tour que Dieu donne la grâce nécessaire, soit aux justes,

I I TiM. II. 1.6.

soit aux pécheurs, ou aux infidèles; nous devons les suivre dans ces détails, afin d'affirmer et d'établir la véritable doctrine catholique touchant ces trois catégories de personnes, et à donner avec soin ce qui appartient aux définitions de la foi, ce qui n'est que théologiquement certain.

2. LA GRACE ACCORDEE AUX JUSTES POUR QU'iLS PUISSENT OBSERVER LES COMMANDEMENTS

A tous les justes Dieu donne les grâces nécessaires pour qu'ils puissent observer tous ses commandements. Cette proposition est de foi. Elle se prouve : (i) Par l'Ecriture Sainte : « Dieu est fidèle, dit saint Paul; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces; mais il vous fera tirer avantage de la tentation même, afin que vous puissiez persévérer. » ^ Au livre de l'Ecclésiastique, nous lisons : « Si vous voulez observer les commandements, (ce qui suppose évidemment que nous pouvons le faire), et garder toujours ce qui est agréable à Dieu, ils vous conserveront. » ^ — (2) Cette doctrine a été définie par le second Concile d'Orange, can. 23, et par le Concile de Trente, Sess. VI, ch. n, et le 18" canon s'exprime ainsi: «Si quelqu'un dit que les commandements de Dieu sont impossibles à observer pour une personne justifiée, qu'il soit anathème. » Dieu ne retire jamais sa grâce à un homme, tant que cet homme ne se retire pas lui-même de Dieu et ne viole pas volontairement sa loi. Jansénius ferait de Dieu un tyran en

1 I Cor. X. 13.

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