‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 42 sur 392 · ECCLES. XV · texte numérisé non relu

ECCLES. XV

affirmant que quelques uns des commandements sont impossibles, même pour les justes, eu égard à leur force présente, lors même qu'ils voudraient les observer, et emploieraient toute leur énergie dans ce but, parce que, dit-il, ils n'ont pas la grâce qui les leur rendrait possibles. Cet enseignement pernicieux a été condamné par les papes Innocent X' et Alexandre VII, comme impie, blasphématoire et hérétique.

Toutes les fois, par conséquent, qu'un précepte devient obligatoire, la grâce nécessaire ne fait point défaut à l'homme juste; et aucune tentation, quelque violente qu'elle soit, ne l'emporte jamais sur une personne juste parce qu'elle manque de la grâce. C'est donc toujours la faute de l'homme s'il est infidèle dans l'un de ses devoirs envers Dieu, s'il cède à la tentation et commet le péché.

3. LA GRACE ACCORDÉE AUX PÉCHEURS POUR QU'iLS PUISSENT DANS LA SUITE ÉVITER LE PÉCHÉ, ET SE REPENTIR DES PÉCHÉS DÉJÀ COMMIS.

A tous les fidèles qui sont pécheurs. Dieu accorde les grâces suffisantes pour qu'ils puissent éviter le péché et se repentir; et ceci doit s'entendre même pour les pécheurs obstinés et endurcis. Rien en cela qui ne soit en parfait accord avec la foi et avec l'enseignement catholique.

Mais s'il s'agit des pécheurs aveugles et endurcis [de ohdîiratis et ohcœcatis)^ cette vérité n'est qu'une de celles qu'on appelle théologiquement certaines. Les grâces accordées à ces pécheurs sont suffisantes soit d'une manière éloignée, soit d'une manière prochaine. Dieu les met à même d'éviter

le péché quand le précepte oblige, ou quand la tentation les attaque, ou il leur donne la grâce de prier pour obtenir les grâces nécessaires, et il a promis d'entendre leurs prières. Q,uant aux grâces qui sont nécessaires pour préserver un homme coupable de péchés ultérieurs, Dieu les accorde lorsque Tun de ses commandements doit être observé. Pour ce qui concerne la grâce du repentir. Dieu ne la donne que dans certaines circonstances, très souvent quand la nécessité de la conversion est pressante, et au moment d'un grand danger pour l'âme.

D'après les textes sacrés. Dieu promet clairement de donner à ces pécheurs les grâces nécessaires. Ainsi, Dieu lui-même parle des pécheurs, et leur fait ces promesses : « Je jure par moi-même, dit le Seigneur, que je ne veux point la mort de l'impie ; mais que l'impie se convertisse,, qu'il quitte sa voie, et qu'il vive. Convertissez-vous, convertissez-vous : pourquoi mourez-vous, maison d'Israël?.... En quelque jour que l'impie se convertisse, son impiété ne lui nuira point. » ^ Ces paroles sont décisives ; ce serait une simple dérision que de supposer que Dieu promet ainsi le repentir, invite ainsi le pécheur à revenir à lui, et cependant lui refuse les grâces nécessaires. A ce langage, ajoutons celui que l'apôtre saint Pierre adresse aux pécheurs : « Le Seigneur ne retarde point sa promesse, comme quelques-uns se l'imaginent: mais c'est qu'il vous attend, ne voulant point qu'aucun périsse, mais que tous retournent à la pénitence. » ^ Enfin, il est certain que notre Sauveur Jésus-Christ, est venu pour les pécheurs, et pour les sauver. C'est à eux qu'il

1 EzECH. XXXIII. II, 12.

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