AUTRES DONS JOINTS A LA GRACE SANCTIFIANTE
Avec la grâce, sont infuses dans l'âme d'abord les trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité. Suarez le considère comme de foi, s'appuyant sur l'autorité du Concile de Trente^ sess. vi, ch. vu : « Unde in ipsa justificatione cum remissione peccatoriim hœc omnia simul infusa accipit homo per Jestim Christum^ cui inseritur fidem^ spem et charitatem. Puis, les vertus cardinales et les vertus morales, aussi bien que les dons du Saint-Esprit, qui sont aussi infus, selon l'enseignement le plus commun des théologiens.
Le père Faber décrit magnifiquement tout cela quand il appelle notre attention sur tout ce que comprend le baptême d'un enfant :
« Non seulement les éternelles conséquences de la chute, pour cette âme en particulier, sont détruites en un instant ; mais l'enfant acquiert des droits aux privilèges les plus étonnants et à un héritage, qui ne lui auraient pas été dû naturellement, lors même qu'Adam ne serait pas tombé. Il est du coup élevé à un état plus sublime que l'état de nature pure ; — il est l'enfant de Dieu. La nature divine lui est communiquée par la grâce sanctifiante. Des facilités extraordinaires pour son développement spirituel, de rares aspirations à la vie éternelle sont implantées en lui par l'infusion de certaines habitudes mystérieuses des vertus théologales, la foi, l'espérance, la charité, et peut-être aussi des autres vertus. Sept nouvelles habitudes surnaturelles, qui sont, par rapport aux impulsions actuelles du Saint-Esprit,
ce que les autres habitudes infuses sont par rapport à la grâce actuelle, et qu'on appelle les dons du Saint-Esprit, lui sont également infuses; elle lui apportent des ressources spirituelles pour les occasions les plus importantes de la vie, pour ses relations plus intimes avec Dieu, et, si c'est nécessaire, pour les magnifiques opérations de la sainteté héroïque. Sur ces entrefaites, s'il vient à mourir avant d'avoir l'usage de la raison, la vision éternelle de Dieu lui est assurée, avec toutes les gloires intellectuelles d'un esprit immortel, dont l'intelligence ne s'est jamais développée ici-bas. » ^
Dans une note ajoutée à la page d'où nous tirons cet extrait, le même pieux auteur donne une courte explication doctrinale de l'infusion des vertus morales au baptême :
« Benoit XIV (« De Canonizat., », m. 21) dit que c'est encore un point de controverse de savoir si, au baptême, les vertus morales sont infuses en même temps que les vertus théologales. Saint Thomas (i. 2. qu. 6)^ sl. m.) discute la question, si quelques vertus morales nous sont infuses, et il répond par l'affirmation, parce qu'il est nécessaire que les effets répondent d'une manière proportionnée à leurs causes et à leurs principes. Scot, d'un autre côté, nie l'infusion des vertus morales. Une glose, sur le décret de Clément V, au Concile de Vienne, donne ces opinions contraires ; et la question de connexion entre les vertus théologales et les vertus morales reste en litige, à cause de l'autorité des docteurs qui n'admettent pas l'infusion des vertus morales au baptême. »
I « Le Créateur et la Créature » p. 285, 286. "
70 LES SACREMENTS EXPLIQ UÉS