‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 61 sur 392 · IS.J · texte numérisé non relu

IS.J

5 Ps. L. 9.

6 EzÉCH. XXXVI. 25.

et ainsi l'arrache aux châtiments de la loi; et cela, que Taccusation soit vraie ou fausse. C'est dans ce sens et de cette façon que nous devons croire que nos péchés ne nous sont pas imputés quand nous sommes justifiés. Le Concile de Trente, guidé par les textes sacrés que nous avons cités, par l'enseignement constant et invariable de la tradition, a condamnécette pernicieuse doctrine et l'a frappéed'anathème: « Si quelqu'un nie que par la grâce de Notre Seigneur Jésus- Christ, qui est conférée au baptême, la culpabilité du péché originel ne soit remise ; ou affirme que tout ce qui a en lui la nature du péché n'est pas effacé, mais est simplement couvert ou n'est pas imputé, qu'il soit anathème. » ^ Le Père Perrone ajoute que, quoique le Concile, s'attachant à l'erreur des novateurs, ne parle que du péché originel, — puisque la même raison s'applique aux péchés actuels, — la définition du Concile doit s'étendre à tous les péchés sans exception. Les péchés actuels sont effacés de la même manière que le péché originel.

4. SANCTIFICATION, OU INFUSION DE LA GRACE HABITUELLE DANS l'AME. DÉFINITION DU CONCILE DE TRENTE

Au même instant où le péché est pardonné, la grâce est infuse dans l'âme qui devient sanctifiée. Le Concile de Trente expose clairement cette doctrine: « La justification n'est pas seulement la rémission des péchés; mais elle est aussi la sanctification, et la rénovation de l'homme intérieur, par la réception volontaire des grâces et des dons, qui, d'injuste qu'il était, rendent l'homme juste^ et d'un ennemi en font un

L SeSS. V. CAN. 5.

LA GRACE 8l

ami de Dieu. » ^ Cette rénovation de l'homme intérieur ne saurait consister dans une sorte de manteau qui couvrirait simplement ses péchés, de sorte qu'ils ne lui seraient plus imputés; parce que, alors, les péchés subsisteraient dans l'àme; elle ne serait point renouvelée intérieurement, et l'homme ne deviendrait pas réellement juste, ni un ami de Dieu, mais serait purement réputé tel extérieurement. Avec cette sorte de manteau couvrant les péchés, nous devrions admettre plusieurs absurdités, telles que celles-ci: (i) qu'un homme serait en même temps juste et injuste, — juste, puisqu'il serait justifié, et injuste, puisqu'il resterait dans le péché, ce qui est l'injustice absolue; (2) que Dieu aimerait les pécheurs commie ses amis, et en vue de la béatitude éternelle, ce qui est contraire à ces paroles de la Sagesse: « Dieu a également en horreur l'impie et son impiété. » '

La rémission des péchés, qui est la justification du pécheur, n'a pas lieu en vertu de l'imputation extérieure de la justice, par laquelle Dieu est juste, ni de la justice du Christ, mais par une justice réelle et intrinsèque, ou par l'infusion de la grâce habituelle. Cette proposition est de foi ; elle a été définie par le Concile de Trente : « Si quelqu'un dit que les hommes ne sont justifiés que par la seule imputation de la justice du Christ, ou par la seule rémission des péchés, à l'exclusion de la grâce et de la charité, qui sont répandues dans nos cœurs par le Saint-Esprit, et y demeurent ; ou bi&n que la grâce qui nous justifie n'est que la faveur de Dieu, qu'il soit anathème. 2> 3 .

1 Sess. VI. ch, VII,

2 Sag. XIV. 9.

3 Sess. vi. can. 11.

82 LES SACREMENTS EXPLiaUÉS

Cette définition s'appuie sur les textes de TEcriture déjà cités, et qui disent que le pécheur est lavé, purifié, renouvelé, sanctifié. On ne peut pas dire de quelqu'un qu'il est ainsi lavé, purifié, renouvelé, sanctifié, s'il n'y a pas en lui une qualité qui permette de le désigner ainsi. Puis, l'Ecriture répète fréquemment que nous avons en nous la grâce, la charité et la justice, qui nous rendent réellement justes ; ex : « Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce. ^ Par qui nous avons reçu la grâce, etc.. = Car la grâce a été donnée à chacun de nous, selon la mesure du don du Christ. 3 L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit, qui nous a été donné. 4 »

Nous ne devons point perdre de vue que la câuse formelle d'une chose n'est pas la même que sa cause efficiente^ pour parler le langage scolastique. Or, la justice du Christ est la cause efficiente ; et, par conséquent, n'est pas la cause formelle de notre justification. Il faut aussi nous rappeler que notre justice ou notre sainteté augmente quelquefois, et parfois diminue ; il en est qui sont plus justes et plus saints que d'autres; mais la justice de Dieu et du Christ est toujours égale et toujours la même.

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