LA FOI REQUISE POUR LA JUSTIFICATION. VERTU THÉOLOGALE DE LA FOI
La question principale au sujet de ces dispositions a trait à la foi requise pour la justification, parce que plusieurs auteurs ont erré sur ce point.
Le Concile de Trente enseigne que la foi requise pour notre justification n'est pas cette confiance par laquelle nous croyons et avons la certitude que nos péchés sont pardonnes en vertu des mérites du Christ ; mais celle par laquelle nous croyons la vérité révélée de Dieu sur son autorité et sa véracité. « Si quelqu'un dit que la foi justifiante n'est pas autre chose que la confiance en la miséricorde divine qui pardonne nos péchés pour l'amour du Christ, ou que c'est par cette confiance seule que nous sommes justifiés, qu'il soit anathème. » =
Cet enseignement du Concile de Trente s'appuie sur de nombreux textes de la Sainte Ecriture : « Allez par tout le monde ; prêchez l'Evangile à toute créature. Celui qui croira, et qui sera baptisé, sera sauvé. 3 La parole n'est point éloignée
1 SeSS. VI. CH. VI.
2 Sess. VI. Can. 12.
3 S. Marc. xvi. 15, 16.
de vous ; elle est dans votre bouche et dans votre cœur : telle est la parole de la foi que nous vous prêchons ; parce que si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu Ta ressuscité d'entre les morts, vous serez sauvé. » l De ces paroles, nous pouvons conclure que le Christ et sa résurrection sont l'objet de la foi qui sauve, et non pas uniquement la miséricorde de Dieu, qui nous remet nos péchés. Q.uand Notre-Seigneur dit à Marthe : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra. Et quiconque vit, et croit en moi, ne mourra jamais ;» Marthe répondit :« Oui, Seigneur, je crois que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, qui êtes venu dans ce monde. » ^ Ces paroles montrent évidemment que la foi nécessaire pour la vie éternelle, c'est de croire en la Divinité du Verbe incarné. C'est encore dans ce sens que nous devons entendre ce passage de l'Evangile de saint Jean : « Ces choses sont écrites, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu ; et qu'en .croyant, vous ayez la vie en son nom. » 3
La tradition constante de l'Eglise, depuis son origine, quand une profession de foi est exigée de ceux qui doivent recevoir le baptême, c'est qu'on n'exigeait aucune autre foi que la vertu par laquelle nous croyons aux articles contenus dans le Credo, et non la foi que les péchés sont pardonnes. Quel apôtre, évêque ou prêtre, a jamais demandé à un catéchumène ou à un pénitent : « Croyez-vous que vos péchés vous sont pardonnes ? » pensant que c'est ainsi qu'ils pouvaient être pardonnes ?
1 Rom. X. 8, 9.