S. J. XX
C'est un enseignement absurde, et aucun auteur chrétien, que je sache, n'avance aujourd'hui une pareille doctrine; même Luther n'a jamais expliqué bien clairement ce qu'il entendait par cette foi à sa façon. Le mystère de la foi justifiante avait pour lui quelque chose de très singulier. Il ne consistait pas à croire en général à un Sauveur, à ses mystères et à ses promesses ; mais à croire, chacun dans son cœur, de la manière la plus certaine, que ses péchés lui étaient pardonnes. « Nous sommes justifiés, disait Luther, sans que cette justification cesse jamais, à partir du moment où nous croyons certainement l'être. » Une telle doctrine est tout simplement une horreur. Penser qu'un homme peut voler, tuer, commettre l'adultère, et persévérer dans cette voie ; et cependant qu'il est justifié, s'il croit seulement l'être, — suggère un enseignement tellement abominable qu'on ne peut pas comprendre comment il a jamais été toléré même parmi les Protestants.