S. J. IX
4 Gal. VI. 10.
102 l£S sacrements EXPLIQUES
ce qu'une route ou un moyen sont à la fin poursuivie : si la fin est atteinte, le moyen et le chemin cessent. Les âmes du purgatoire, bien qu'elles ne soient pas encore au ciel, ne peuvent plus mériter, parce que la vie sur la terre, dans l'économie divine, est le seul temps déterminé pour le mérite ou le démérite. (2) La seconde condition nécessaire chez la personne qui mérite, c'est qu'elle soit en état de grâce, d'après les paro-es du Christ: «Comme la branche de la vigne ne saurait porter de fruit d'elle-même, mais qu'il faut qu'elle demeure unie au cep : ainsi vous ne pouvez porter aucun fruit, si vous ne dem.eurez en moi. » ^ La raison le dit clairement. Nul ne peut accomplir des œuvres divines, ou des œuvres qui conduisent à Dieu, s'il ne vit pas de la vie de Dieu ; et la vie de Dieu n'est dans l'âme que par la grâce sanctifiante. Il est impossible qu'un homme aille à Dieu tant qu'il persiste dans le péché et reste l'ennemi de Dieu. Il poursuit sa course dans le sens opposé à celui qui conduit au ciel.
Du côté de Taction méritoirey il est nécessaire (i) qu'elle soit libre, il est évident qu'aucune récompense ne saurait être due à celui qui agirait par nécessité. Il faut qu'un homme ait le pouvoir d'agir ou de ne pas agir, pour qu'on le juge réellement l'auteur de son acte. La proposition contraire de Jansénius a été condamnée par l'Eglise comme hérétique : « Pour mériter ou démériter dans l'état de nature déchue, il n'est pas besoin de la liberté de nécessité. » (2) Il faut que l'action soit bonne, — c'est-à-dire qu'elle soit surnaturelle dans son principe et dans son motif. Une mauvaise action ne mérite pas une récompense, mais un châtiment. Elle doit être