‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 92 sur 392 · LA LOI DE NATURE. (3) SOUS LA LOI ÉCRITE · texte numérisé non relu

LA LOI DE NATURE. (3) SOUS LA LOI ÉCRITE

Rien ne nous prouve qu'il y eut des sacrements dans l'état d'innocence.

(i) Il est probable qu'il n'y en avait pas, et qu'il n'y en aurait jamais eu si Adam n'avait pas péché. Ils ne seraient nécessaires dans cet état, ni pour la rémission des péchés, puisqu'il n'y aurait point de péché, ni pour la perfection de l'àme puisque l'âme serait en état de grâce. Et, d'après saint Thomas, il serait contraire à l'ordre de cet état d'innocence, que l'âme reçût un perfectionnement de quelque chose de matériel ; puisque, dans cette condition, le corps lui serait entièrement soumis, et que les puissances inférieures de l'âme seraient soumises aux puissances supérieures ; de sorte que ni l'intelligence ni la volonté n'auraient besoin de recevoir des sacrements savoir ou grâce.

(2) Sous la loi de nature, c'est-à-dire, pendant la période qui s'écoule depuis la chute de l'homme jusqu'à Abraham ou Moïse, il est probable qu'il y avait quelques sacrements, bien que l'Ecriture n'en parle pas. Certains théologiens ont

pensé que la foi intérieure des parents au Rédempteur futur, transmise par vœu ou par désir à l'âme des enfants, était suffisante pour obtenir le pardon du péché originel, et rendre les enfants participants aux mérites futurs du Christ. D'autres croient que les sacrements de cette époque étaient certains signes extérieurs accompagnés de prières qui contenaient une profession de foi au Rédempteur à venir.

Saint Augustin a enseigné que, avant l'institution de la circoncision, les serviteurs de Dieu qui avaient foi au Rédempteur promis, avaient des sacrements divinement institués pour eux et pour leurs enfants ; sacrements que nous ne connaissons pas et dont ne parle point l'Ecriture. Saint Thomas dit de cet état : « Il est probable que les parents offraient à Dieu certaines prières pour leurs enfants en danger de mort, ou qu'ils avaient à leur disposition une forme de bénédiction déterminée. Les adultes offraient pour euxmêmes des prières et des sacrifices. »

Nous devons supposer qu'il y a toujours eu quelques moyens d'obtenir la rémission du péché originel, et aussi du péché actuel ; autrement, Dieu aurait laissé le genre humain sans moyen de salut, ce qui ne serait point conforme à sa bonté, à sa miséricorde et à sa providence.

(3) Sous la loi écrite, c'est-à-dire, de Moïse au Christ, tous les auteurs admettent qu'il y avait différents sacrements. On peut le déduire de l'enseignement du Concile de Trente, à la suite du Concile de Florence, qui voit une différence essentielle entre les Sacrements de la Nouvelle Loi et ceux de l'Ancienne Loi. Tout en admettant qu'il y avait des sacrements sous l'Ancienne Loi, les pères et les théologiens ne s'accordent pas sur leur nombre. On les divise ordinairement en trois classes : (i) Ceux qui conféraient au peuple

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de Dieu et aux prêtres un titre ou un caractère pour le culte de Dieu ; — telle était la circoncision pour tout le peuple, et la consécration des prêtres pour le ministère divin ; — (2) les rites sacrés usités pour les choses saintes et les devoirs religieux, comme la manducation de l'Agneau pascal et les pains de proposition pour le prêtre ; — (3) les rites et les cérémonies pour la réparation et l'expiation, telles que les cérémonies de Texpiaiion générale pour le peuple, et les ablutions des mains et des pieds pour le prêtre.

Tous ces sacrements de l'Ancienne Loi avaient été institués par Dieu. Ils produisaient deux sortes d'effets : la sainteté extérieure ou légale, et la sainteté intérieure. L'enseignement commun est que ce n'est point par eux-mêmes, par leur vertu ou puissance propre, ou que ce n'est point, selon l'expression usitée, ex opère operato, qu'ils produisaient la sainteté intérieure. Ils la produisaient en raison des dispositions de ceux qui les administraient ou les recevaient, ou en vertu de la foi au Sauveur futur dont ces sacrements étaient une profession, et qui était attachée à leur administration ; — c'est-à-dire qu'ils produisaient ces effets ex opère ope rant is. Cette manière de voir est d'accord avec les textes de la Sainte Ecriture. Ainsi, saint Paul en parle comme d'observations défectueuses et impuissantes ; ^ il dit que le sang des taureaux et des boucs ne peut pas ôter le péché. =^ D'autre part, il parle de la justification par la foi des hommes pieux au Rédempteur futur. 3 C'étaient néanmoins de vrais sacrements, bien que différents de ceux de la Nouvelle Loi. Nous n'avons à nous

1 Gal. IV. 9.

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