‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 93 sur 392 · Rom, IV · texte numérisé non relu

Rom, IV

occuper que de ces derniers qui peuvent seuls nous offrir un intérêt pratique.

3. LES SACREMENTS DE LA NOUVELLE LOI. LES TROIS CHOSES ESSENTIELLES A UN SACREMENT: (l) LE SIGNE EXTÉRIEUR. (2) l'institution par le christ. (3) LE POUVOIR DE COMMUNIQUER LA GRACE.

Nous avons déjà défini un sacrement de la Nouvelle Loi. Voici la définition de saint Augustin qu'ont adoptée tous les docteurs scolastiques : « Un sacrement est un signe d'une chose sacrée, » ou, comme on Ta dit en d'autres termes, mais avec le même sens : « Un sacrement est un signe sensible d'une grâce invisible, institué pour notre justification. »

Trois choses sont essentielles à un Sacrement :

(i) Un signe sensible ou extérieur.

(2) L'institution divine du Christ.

(3) Le pouvoir de conférer la grâce promis par le Christ, (i) Le signe sensible on extérieur. — Le signe sensible est

ce qui tombe sous le sens, et qui indique une chose autre que celle que perçoivent les sens ; comme Tarc-en-ciel était un signe ou un gage pour Noé que Dieu ne détruirait plus le monde par un déluge. Les miracles de Moïse étaient des signes qui prouvaient sa mission divine à Pharaon. Les paroles que nous proférons sont les signes des pensées invisibles de Tesprit. Ces signes, je veux dire les Sacrements, ne sont point l'œuvre de l'homme, mais sont déterminés par Dieu pour signifier la grâce intérieure qu'il nous communique par leur intermédiaire.

Dans les sacrements, la matière qu'on voit, les paroles qu'on entend, sont les signes de la grâce qui ne tombe point

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SOUS les sens. Ainsi, dans le baptême, Teau versée sur la tête, en même temps qu'on prononce ces paroles : Je te baptise, etc., est le signe de la grâce qui efface le péché originel ; dans la Sainte Eucharistie, les apparences du pain et du vin sont les signes de la présence du corps et du sang de Jésus- Christ.

Dieu pouvait nous communiquer sa grâce sans se servir de signes extérieurs. S'il emploie ce moyen, c'est pour des raisons de profonde sagesse.

(i) Le Sacrement est une image de Jésus-Christ. De même qu'en Jésus-Christ l'humanité sainte était l'organe visible de la grâce invisible par laquelle il sanctifiait les âmes, ainsi, dans le sacrement, le signe matériel devient le canal de la grâce.

(ii) Le sacrement convient à la nature de l'homme, qu'on le considère individuellement ou collectivement.

L'homme est composé d'une âme et d'un corps, il ne saisit les choses spirituelles que par des images sensibles; il a donc besoin de signes extérieurs pour être plus particulièrement assuré des merveilleux effets de la grâce dans son âme, de signes, par exemple, qui lui diront que ses péchés lui sont pardonnes, qu'il reçoit le corps de Jésus-Christ, etc..

Les chrétiens, considérés collectivement, doivent former un seul corps religieux, qui est l'Eglise de Jésus-Christ. Il leur faut donc des signes extérieurs auxquels ils se reconnaissent et se rallient ensemble comme sous un même drapeau.

(iii) Le Sacrement fait expier à l'homme son orgueil ; il l'oblige à se mettre à genoux devant de petites choses, devant des signes matériels, pour leur demander la grâce qu'il a perdue. ^

I « Exposit. Elément, de la Doct. Cath. » par l'abbé A. R. Moulin,

LLS SACREMENTS EN GhNÉRAL I37

(2) U Institution par le Christ. — C'est un dogme de foi q.ue tous les Sacrements ont été institués par le Christ. Ce point a été défini par le Concile de Trente. ^ Il les a institués pendant qu'il était sur la terre, soit avant sa mort, soit après sa résurrection, pendant ces quarante jours qu'il passa à converser avec ses disciples du royaume de Dieu, c'est-à-dire de son Eglise, qu'il gouverne, et sur laquelle il préside. De plus, il est certain, bien que non de foi, qu'il institua les Sacrements immédiatement^ et non, comme l'ont pensé quelques anciens auteurs, qu'il donna aux apôtres ou à l'Eglise le pouvoir d'instituer quelques-uns des Sacrements. La raison en est que lui seul, qui est l'auteur de la grâce, peut déterminer des signes ou des moyens pour la communiquer.

(3) Le Pouvoir de conférer la grâce. — Les Sacrements ne sont pas de simples signes de la grâce comme les Sacrements de l'ancienne loi. Ils ont été institués pour produire la grâce; ils en sont des signes efficaces ; ils la contiennent, ils l'opèrent directement et réellement, en vertu de la toutepuissance de Dieu, dont ils sont les instruments.

Mais comment des choses matérielles peuvent-elles produire dans l'âme une transformation surnaturelle? — Dieu est l'agent principal de cette transformation; il ne lui est pas plus impossible de refaire sa créature à son image et ressemblance au moyen de l'eau et de quelques paroles, qu'il n'est impossible à un peintre de faire reproduire sur une toile, par un pinceau que manie une main de chair, les plus belles conceptions de sa pensée. =

Dieii a souvent daigné, même en dehors des Sacrements, se servir de choses matérielles, comme moyens de la grâce

1 SeSS. VII. CAN. I.

2 « Exposit. Elément, de la Doctrine Catholique^ » par l'abbé A. R. Moulin.

138 LES SACREMENTS EXPLiaULS

surnaturelle. Ainsi, pour se guérir, les Israélites n'avaient qu'à regarder le serpent d'airain élevé par Moïse ; ^ Naamam fut guéri par les eaux du Jourdain ; ^ l'aveugle-né fut guéri par notre Sauveur comme le raconte l'Evangile de saint Jean ; 3 et le sourd-muet de la manière que nous rapporte saint Marc. 4

Les sacrements ont été institués pour notre sanctification ; c'est l'effet de la grâce de Dieu qu'ils produisent dans notre âme.

4. NOMBRE DES SACREMENTS ; ET RAISON DU NOMBRE SEPT EXPLIQUÉE PAR LE CATÉCHISME DU CONCILE DE TRENTE

C'est une vérité de foi qu'il y a sept sacrements de la loi nouvelle, et qu'il n'y en a que sept : le Baptême, la Confirmation, la Sainte Eucharistie, la Pénitence, l'Extrême- Onction, l'Ordre et le xVIariage.

Le Catéchisme du Concile de Trente explique pourquoi il y a sept sacrements, ni plus ni moins, par l'analogie qui existe entre la vie naturelle et la vie spirituelle.

Pour vivre, pour conserver son existence, pour contribuer à son propre bien et au bien public, sept choses sont nécessaires à l'homme : naître, grandir, se nourrir, se guérir ^ quand il est malade ; se fortifier quand il est faible ; et, pour ce qui regarde le besoin public, être pourvu de gouverneurs et de magistrats ayant l'autorité voulue, et enfin se perpé-

1 NoMB. XXI. 6, 9.

2 IV Rois, v, io, 14.

3 S. J.ix. I, 7.

4 S. Marc. vu. 32, 35.

5 CONC. DE Tr. SeSS. VII. C. 1.

tuer par une légitime descendance. La ressemblance de toutes ces choses nécessaires à la vie avec celles qui font vivre l'àme pour Dieu^ nous donne la raison et nous explique pourquoi les Sacrements sont au nombre de sept.

Le Baptême, le premier des sacrements, et, pour ainsi dire, la porte de tous les autres, nous fait naître au Christ.

La Confirmation, qui vient ensuite, nous fait grandir et nous fortifie dans la grâce de Dieu.

La Sainte Eucharistie^ vrai pain du ciel, nourrit nos âmes pour la vie éternelle, selon les paroles de notre Sauveur : « Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. »

La Pénitence, rend la santé spirituelle à l'âme qui a été blessée par la contagion du péché.

V Extrême-Onction, efface les restes du péché, augmente les forces de l'âme. C'est à propos de ce Sacrement que saint Jacques a dit : « Si quelqu'un est dans le péché, il lui sera pardonné. »

L'Ordre, donne le pouvoir d'administrer publiquement les sacrements, et d'exercer toutes les fonctions du saint ministère.

Le Mariage^ le septième et le dernier des sacrements, a été institué pour sanctifier l'union légitime de l'homme et de la femme, dans le but de propager la race humaine, de pourvoir à l'éducation des enfants, de les instruire de la religion, de leur apprendre à aimer et à craindre Dieu.

L'esprit ne saurait moins faire que d'être frappé de ce nombre sept, si l'on remarque quelle place il occupe dans le plan de la divine Providence. Il y a sept jours dans la semaine, sept couleurs dans la lumière, sept tons dans la voix humaine. On rencontre fréquemment ce nombre dans

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l'Ancien Testament. Ainsi, les principales fêtes ce célébraient pendant sept jours ; tous les sept ans on laissait la terre se reposer de toute culture; après sept fois sept ans on célébrait le jubilé; le chandelier qui tenait les flambeaux allumes devant le sanctuaire avait sept branches. Dans le Nouveau Testament, ce nombre n'est pas moins remarquable : les sept demandes de TOraison dominicale ; les sept dons du Saint- Esprit ; les sept sceaux dont il est parlé dans l'Apocalypse ; les sept vertus principales, — trois vertus théologales et quatre \ertus morales ; les sept œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles.

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