EN PARLANT DE L'EMPIRE
Quelqu'un chante dans le salon Une vieille... vieille chanson, Où l'on parle d'une Marquise, Une vieille chanson exquise, Troublante comme le parfum D'un billet doux d'amour défunt.
Et chaque bonne vieille dame Alternativement se pâme, Tandis que, dans le soir gris-bleu Lentement, tout s'efface un peu Avec la mélodique phrase Et les soupirs de douce extase.
C'est un vieil hôtel du Faubourg.
Chaque lampe a son abat-jour :
On allume... et le ton orange Aux reflets citron se mélange, Ranimant de fards surannés Les visages aux teints fanés.
Et la conversation basse
Tombe... et, pour un instant, fait place
Aux demi-sourires figés...
— Frou-frous de satins dérangés.
Quelqu'un se lève et se retire — ,
Et Ton reparle de l'Empire.