R[TA
Tu n'es qu'un sot et un une. J'uinic mieux m'en aller. Si la colère m'empoigne, je te fendrais la tète en deux. {Elle sort.)
NICOLAS
Ce n'est pas une femme, c'est un serpent. Ah! pourquoi me suis-je marié! Les huit premiers mois, passe! je semblais le galant de ma femme. Mais à peine eut-elle lâché au monde un marmot qui me couvrait d'ordures, je commençai à courber l'échinc. Finis les jabots amidonnés, les souliers ornés de piqûres. Je ne fus plus qu'un magasin de haillons. Ah! quelle vie! N'étaient les rasades que tu ingurgites, Nicolas, à cette heure tu le serais sans doute pendu.
PABLO, en Iran I
Compère, savez-vous la nouvelle que vient de m'apprendre un garçon d'esprit?
NICOLAS
Nullement, compère Pablo.
iWBLO
Eh bien, compère, ce garçon m'a afiirmé qu'il vient d'arriver au cabaret deux tonneaux de man/anilla dignes de la bouche d'un roi.
NICOLAS
Donnez-moi l'accolade. Sur le coup de midi nous irons ensemble les déguster.
l'ADLO
A midi? Moi qui croyais que vous alliez descendre l'escalier quatre à quatre ! Allons ! vous ne niancjuez pas de flegme!
NICOLAS
Bah! une heure plus tôt ou plus lard.
PAHLO
En pareil cas, moi, je ne perds pas de temps. Lorsque ma femme (Dieu l'ait en sa garde!) se trouvait à l'agonie, je sortis un matin vers les onze heures trois quarts, pour lui acheter un remède. Au pied de la tour de Recano je rencontre; Miguel Peraljcs qui s'en revenait de l'Ile sur son cheval. « Bonjour, Miguel. » — « Dieu
VOUS garde, monsieur Pablo. » — « Qu'y a-t-il de nouveau à l'Ile? » — « Il y a, au cabaret de Naranjo, un vin pour plaire aux hommes de goût. » 11 poursuivit son chemin. Moi, dare dare, je pris la jetée jusqu'à l'Ile. Ah! compère, si vous aviez vu quel nectai'! Jusqu'à quatre heures je m'ingurgitai quarante chopines, et, n'eût été le souci de ma femme, je passais la nuit au cabaret. De retour à Cadix, je la trouvai au linceul. Quelle douloureuse épreuve ! Mieux eût valu ne pas revenir d'une année; je me serais consolé à force de rasades.
NICOLAS
Que vous fûtes heureux, compère, de devenir veuf! Vous travaillez quand bon vous semble, vous buvez, vous vous promenez, vous faites tout ce qui vous plaît, sans que personne y mette le holà. Tandis que moi, pour mon malheur, j'ai une femme sur le dos qui ne me laisse pas même respirer.
PABLO
Vous êtes trop accommodant, cher compère. Ma femme (qu'elle repose en paix !) était tout semblable à un tigre. Eh bien, moi, par mes caresses, ma prudence, ma douceur, et avec une baguette de deux sols, j'ai obtenu en peu de temps qu'elle ne desserrât plus les lèvres.
NICOLAS On voit bien, mon ami, que vous n'aviez pas un beau-frère prêt à vous provoquer pour la moindre bagatelle.
l'ABLO
C'est vrai. Mais il y a cent façons de conduire ses affaires. Atanasio n'est-il pas des nôtres? Un coup de vin lui fait plaisir comme de juste. Il n'y a donc qu'à l'inviter, et, pour deux ou trois chopines, vous en ferez voire fidèle avocat.
NICOLAS
Vous avez raison, et c'est bien pourquoi, lorsqu'il me voit entre deux vins, il se met davantage en colère.
PABLO
Parbleu! la jalousie... Voyons, que faisons-nous, compère? Allons-nous déguster ces tonneaux?
Esquivons-nous à la course, avant que Rita ne s'en aperçoive. [Il prend sa cape et sa casquette.)
RITA, survenant
Où vas-tu?
NICOLAS
Je ne serai pas trois minutes.
l'ABLO
N'ayez crainte, ma charmante commère, il vient avec moi.
RITA
Il est plus urgent de veiller à son travail que de courir se saouler.
PABLO
Dieu m'assiste ! commère, que dites-vous là? Ai-je la mine d'un buveur? Je bois un coup quand l'occasion se présente d'un enterrement, d'un baptême, ou à mon corps défendant. Pas plus. En dehors de ces circonstances, je n'ai jamais goûté au vin.
RITA
Mais, alors, où allez-vous?
PABLO
Tenez, commère, nous allons assister une dame en couche. Je lui ai donné ma parole...
RITA
Eh bien, allez-y seul.
Je vous attends en bas. (Il sort.)
RITA
Ecoute ici, infâme.
PABLO
Liissez-le, au nom des saints !
RITA
h]tes-vous donc son entremetteur?
PABLO Eh! VOUS avez le diable au corps.
RITA
Bii'be en démence !
PABLO
Vous êtes une... Mais, j'aime mieux me taire. Eslimez-vous
heureuse que cette femme soit en couches. Sans cela... (//
sort.)
RITA
Quel bélître! Ah! je ne puis endurer une vie pareille!
MARIA, entrant.
Bien le bonjour, ma petite voisine.
RITA
Vous en mon logis? Quel miracle !
MARIA
J'ai entendu un bruit de voix, et, comme un rien me bouleverse, je venais voir...
RITA
Ce n'était rien de sérieux. Je me suis fâchée contre mon mari, et j'ai élevé la voix.
MARIA
Je comprends. Ah! quel martyre ce doit être que d'avoir à lutter avec un homme vicieux !
RITA
Pas de piqûre plus cuisante qu'un mari garnement.
MARIA
Pauvre petite! Quels mauvais moments vous devez passer! Quels coups de bâtons elles méritent, ces sangsues qui ensorcellent les maris.
RITA
Que me dites-vous donc? Nicolas, lui aussi, se chaulTerait de ce bois?
MARIA
Vous l'ignoriez? Jésus! que je regrette d'avoir parlé à l'étourdie. Dieu me préserve de mettre le trouble dans les ménages! Je
110 veux pas même y penser. Quel cas de conscience ! Si votre époux est ivrogne et joueur, s'il entretient une maîtresse et s'il fait autre chose encore que je passe sous silence, ça vous regarde. Vous ne l'apprendrez pas de ma bouche. Jésus ! je ne veux pas risquer l'enfer.
Ne me faites pas outrage. Vous devez, étant mon amie, m'informer de tout ce qui peut me porter préjudice.
MARIA
Oui, pour qu'on dise ensuite que j'ai mis la zizanie entre vous! Non, non. Je ne me mêle pas de confesser les péchés d'autrui. Que gagnerais-je à vous dire qu'on Ta vu hier, dans je ne sais quelle guinguette, olfrir la collation à une fille du quartier? Non, ma chère, j'ai trop horreur des bavardages. Désunir un ménage, halte-là ! On rage, on trépigne, on s'égratigne, on mène un vacarme de tous les diables, mais on ne tarde pas à faire la paix, et le nuage crève sur celui qui a bavardé. Dieu me préserve d'y penser seulement.
RITA
Pas besoin de me conter les exploits de ce goujat. Je le connais assez. C'est un infâme, vive Dieu!
Entre Currillo à cheval sur un bâton.
CURRILLO
Hue, cheval !
RITA
Écoute ici, vaurien. Ne vois-tu pas qu'il y a du monde?
CURRILLO
Mais, je dresse ce cheval.
Viens ici.
Que me voulez-vous ?
RITA CURRILLO
Dis-moi, bandit, où as- tu laissé ton alphabet?
CURRILLO Un enfant me l'a déchiré.
RITA
J'ai bien envie de t'étrangler. — H y a pour le moins trois ans qu'il en est encore à la croix. — Quand étudies-tu, chenapan ? [Elle le pince.)
CURRILLO, pleurant.
Aïe ! mon bras !
RITA
Voyez le mulle de dogue qu'il fait quand il pleure. Comparé à toi, le diable est un Narcisse. File d'ici.
CURRILLO
Je m'en vais. Ne me battez pas. (// sort en pleurant.)
RITA
Pour la laideur et la perversité, c'est tout le portrait de son père.
ATANASIO. entrant.
Bonjour.
RITA, pleurant.
Ah ! toujours vivre dans la rage !
MARIA
Pauvre petite !
ATANASIO
Qu'y a-t-il de nouveau?
RITA
Il y a que ton bienheureux beau-frère ne pense qu'à boire et qu'à courir le guilledou. Grand vaurien!
ATANASIO
Ça vaut-il la peine de se tuer? Tu n'as qu'à le jeter dans la rue avec son baluchon de bardes.
MARIA
C'est ce qu'il y a de mieux à faire. Jésus! si j'étais tombée sur un homme de cet acabit, il y a longtemps qu'il ne serait plus sur mon dos. Des bandits pareils ! les soutire qui les a mis au monde.
RITA
Je le supporte parce que je n'ai plus de mère.
ATANASIO
N'as-tu pas un frère ici? alors à quoi bon t'affliger? Tant que j'aurai des souliers à coudre tu ne manqueras pas de quoi manger.
MARIA
Saint Gaétan est un saint miraculeux. Outre cela, on trouve à chaque pas dans Cadix des messieurs si bons et si humains qu'ils secourent par pure dévotion, durant une, deux ou plusieurs années les femmes abandonnées et sans appui.
ATANASIO
Si tu m'en crois, envoie-le vite promener.
MARIA
Nous ne voulons que votre bien.
RITA
Soit. Lorsqu'il rentrera...
ATANASIO
Où sont ses bardes?
RITA
Il en a si peu qu'elles tiennent dans un sac. [Elle sort.)
MARIA
C'est ce qu'elle a de mieux à faire. Mieux vaut gagner misérablement sa vie à la pointe de son aiguille que de lutter sans cesse contre un ivrogne.
ATANASIO
Tiens! je crois bien. D'autant plus qu'à Cadix une aiguille vaut des rentes. Qui en douterait n'a qu'à parcourir les rôles du quartier. S'il n'y trouve pas une bonne moitié de couturières, je consens à perdre un bras.
RITA, rentrant.
Voici les guenilles de mon époux. {Elle dépose un sac par terre.)
MARIA
Il vient lui-même avec le père Pablo.
Entrent Nicolas et Pablo qui cache une bouteille sous sa cape.
' Femme, que fais-tu là avec mes hardes?
Je les ai sorties pour que tu les charges sur ton dos et que tu t'en ailles aux mille diables, oîi je ne te revoie jamais.
NICOLAS Mais quel motif t'ai-je donné de me jeter dehors de la sorte?
RITA
Quel molif, fieffé vaurien? N'es-tu pas un homme perdu, un fainéant, un insupportable goujat? Ouste! enlève ces haillons et va retrouver la drùlesse que tu courtises.
NICOLAS Comment? Quelle calomnie, Dieu m'assiste!
ATANASIO
Oserais-tu le nier, gredin? Ne sors-tu pas à l'instant de la maison de Juana Gancho?
NICOLAS
C'est un mensonge ; mon compère est là pour le dire.
PABLO
Oui, c'est un faux témoignage. Mon compère vient de boire un coup, ce qui n'est pas un crime, aujourd'hui surtout qu'on voit sur les bancs des tavernes des marquis, des vicomtes et des fils de famille. J'ai même connu un monsieur très comme il faut que son coiffeur peignait au cabaret, entre deux barriques.
RITA
Quoi ! vous aussi vous le couvrez?
ATANASIO
Pourquoi non? Son compère Pablo ne lui sert-il pas d'entremetteur?
PABLO
Qui ça? Moi? Entremetteur, un homme de liia condition?
RITA Quoi d'élonnant? Il s'en trouve qui portent casaque et qui mettent de la poudre.
PABLO
Alors, ce ne sont pas des hommes, mais des pantins de treize à la douzaine. Moi, entremetteur? Certes, je ferais là un joli métier !
RITA
Assez causé. — Et vous, enlevez ces chitïons.
NICOLAS
Se peut-il, femme... ?
ATANASIO
Si tu ne décampes, je te traîne à la rue, et je fais de ton corps une guenille à laver les pavés.
PABLO
Eh quoi ! Atanasio, c'est lorsque je viens t'ofîrir un coup de mon vin que tu te portes à ces excès ? (// tire de sous sa cape une bouteille et un verre).
ATANASIO
Pouvais-je le deviner?... Comment est-il?
PABLO
Ai-je, de ma vie, bu de mauvais vin ? Allons une petite lichée. (// lui verse à boire.)
Le bon frère que j'ai là !
ATANASIO
Quel aimable fumet !
PABLO
C'est un nectar. Pour moi, je tiens que ce ne saurait être un péché de se griser avec.
NICOLAS
Je veux aussi le savourer.
PABLO, versant.
Deux doigts seulement.
RITÂ Je ne saurais souffrir tant d'infamies.
MARIA
La bouffonnerie est plaisante.
RlTA
Hors d'ici, ivrognes ! Allez vous griser ailleurs. — Et toi, mon fils, dépêchons. Prends tes nippes sur ton épaule.
ATANASIO
Rita, ne parlons plus de ça. Embrassez-vous sur-le-champ et sans rancune,
RITA
J'aimerais mieux me jeter du haut de la muraille à la mer.
l'ADLO
Du calme. Tout cela s'arrangera.
NICOLAS
Je te jure de ne plus faire un pas sans ta permission,
RITA
Je ne veux pas, je l'ai déjà dit, et le diable ne me convaincrait point. Sors d'ici, ou c'est moi qui m'en vais.
PABLO
Est-il possible, ma charmante commère?
ATANASIO
Quelle dure caboche tu as !
NICOLAS
Laissez la. Puisque c'est une rupture qu'elle désire, je m'en vais. — Mais, prends garde que je te manquerai peut-être, (// se met à 2^leurer).
ATANASIO
Bah ! Prends tes bardes, et ne pleure pas pour cette folle.
PABLO
Le temps est frais, Atanasio ; couvrez-vous bien. {Il lui tend le verre.)
RITA
Quels ivrognes!... Eh bien, Nicolas, en finiras-tu de partir?
Ceci passe la mesure. Femme indigne ! permette le ciel que la foudre m'écrase si je franchis jamais ton seuil. C'est bien fini. — Compère, suivez-moi.
ATANASIO
Je ne lâche pas les amis.
l'ABLO
Droit au cabaret, mes enfants. (^Fausse sorlie.)
NICOLAS
Attendez. — Rita, tu vas me rendre tout de suite le reliquaire dont je t'ai fait cadeau pour Pâques.
EUT A Mais puisque tu me Tas donné.
NFGOLAS Je ne veux pas, infâme, que tu gardes un souvenir de moi.
MARIA
Quel rustre !
RITA
Tu as raison, mon fils. Prends, et va-t-en au galop.
NICOLAS
Allons, compère.
PABLO
Oui, allons boire. J'éprouve des défaillances d'estomac. (jFaMs.ve sortie.)
NICOLAS
Ecoute encore. Je veux mon fils.
Tu me débarrasses d'un cauchemar. — Où es-tu, beauté du ciel ■? Currillo !
CURILLO. entrant.
Qui m'appelle ?
RITA Va-t-eii avec ton père, pelit.
NICOLAS Vite, donne-moi la main. Sortons d'ici.
PABLO
Est-il possible, commère, que mon filleul ne vous attendrisse pas?
RITA
Pas même lui.
PABLO
Allons, vous êtes de marbre. De la haine contre son fils ! Mais, fùt-il de contrebande, vous devriez l'aimer quand même.
ATANASIO
Venez-vous-en, monsieur Pablo.
NICOLAS J'oubliais le principal. - — Rita, donne-moi le chat.
RITA
Le petit chat? Non, cmporteplatôt toute la maison. Je me mire dans ses yeux.
Que tu te mires ou non, c'est moi qui l'ai apporté; à preuve qu'il m'égratigna quatre fois.
RITA
Eh, qu'importe? Ne me suis-je pas échinée à l'élever ?
NICOLAS
Le chat m'appartient; sans lui je ne bouge d'ici.
RITA
Un bon coup de pique !
PABLO
Considérez, commère, que le chat ne peut rester entre vos mains : c'est un bien inaliénable.
NICOLAS
Donne vite l'animal.
RITA Mais c'est m'arracher le cœur !
NICOLAS : Donne le chat.
PABLO
Allons, donnez l'insecte.
MARIA
Tenez bon.
RITA
Chenapan, pour ne pas te voir un instant de plus en ma présence, je me défais de ce que j'aime le mieux au monde. [Eiie
sort.)
PABLO
, On voit bien, compère, que le chat n'est pas votre fils. Je n'en reviens pas qu'un animal constitue aujourd'hui un majorât !
NICOLAS
Peut-être reviendra- t-elle à de meilleurs sentiments.
ATANASIO
Ne te laisse pas attendrir, dût-elle en crever de chagrin.
NICOLAS
Moi, m'attendrir? Non, sabre de bois! Partout oii j'irai le chat
doit me suivre.
' ' PABLO
Il se fera donc ermite au cabaret.
RITA
{Elle entre portant le chat dans ses bras.) Mon mignon, mon trésor! Gomment pourrai-je vivre sans toi?
NICOLAS
Vite, donne-moi mon bijou.
RITA
Laisse que je le couvre de baisers.
NICOLAS Compère, c'est à vous que je le confie.
00 LES SAINETES DE JUyiN DEL CASTILLO
PABLO C'est bon. J'aurai soin du minet. (// le prend.)
RITA
Ah! mon chaton! Quelle coupe d'amertume! Je me meurs ! J'ai perdu mon repos, ma consolation, mes délices... Ah ! quelle douleur ! [Elle se jette sîir vne chaise.)
NICOLAS
Rita, faisons la paix et je te le rends.
PABLO
Faut-il lâcher le chat, commère ?
RITA
Non, ne le lâchez pas. Je ne saurais vivre avec cet ivrogne ; plutôt mourir de chagrin. Infortunée que je suis ! quels tristes jours me sont réservés, sans mon chat.
NICOLAS
Voyons ma petite Rita, essuie tes yeux. Je me corrigerai.
PABLO
Faut-il lâcher le chat, commère ?
RITA
Non, monsieur. Cet homme est un perdu, un fripon, un propre à rien, et je le hais à mort.
NICOLAS
Allons-nous-en, compère Pablo. Ceci ne peut se supporter.
RITA
Attends... Mais, que fais-je? Je ne sais plus ce que je dis. Ah ! malheureuse! Jem'évanouis, je deviens folle. [Elle tombe sur une chaise.)
Ma fille, trêve aux chagrins. Voyons, je dépose mon sac?
PABLO
Faut-il lâcher le chat, commère ?
RITA Lâchez-le. Je ne puis lutter plus longtemps.
NICOLAS
Fais-moi un baiser.
RITA
Non, à mon chat d'abord. Viens, mon bien, mon régal; viens avec ta maîtresse. Est-il mignon !
PABLO
Prenez grand soin de cet animal, conipère. Tant qu'il sera vivant, vous aurez en lui un avocat.
RITA
Mais, Nicolas, attention à te corriger !
NICOLAS
Je promets d'être assidu à mon travail.
MARIA
Que vous êtes niaise, voisine !
RITA
Vous qui jouez le rôle de diable et qui cherchez à mettre la brouille dans les ménages, vivement, hors de mon logis !
MARIA
C'est bien le paiement que j'attendais de gens sans éducation. {Elle sort.)
RITA Attends un peu que je t'arrache le chignon !
NICOLAS
Calme-toi, ma chère. Ne fais pas cas de cette langue venimeuse.
ATANASIO
Et nous, père Pablo, que faisons-nous?
PABLO
Allons au cabaret du Canon tirer une salve de compagnie.